Je croise une vieille connaissance
J'avais donné rendez vous à Marie au terminus du tramway près de la nouvelle salle de concert du silo.
Le chemin en voiture n'étant pas si simple, je m'étais dit que ça serait plus simple pour nous deux de se rejoindre à cet endroit mais en fait ça n'a pas non plus été la bonne solution :
avec les travaux d'Euroméditerranée les rues changent souvent de sens de circulation, certaines sont barrées et si on essaie de se fier aux services de guidage, on se perd.
C'est ce qui est arrivé à Marie et du coup, pour une fois, ça n'était pas moi qui était en retard !
Ce qui est un événement en soi.
Nous arrivons donc en retard à KLAP
Je n'y suis pas seul et ça me fait tellement de bien.
Après la barre, nous retravaillons sur une des pistes ébauchées la semaine dernière, j'ai quelques modifications à faire et quelques idées à tester.
L'ambiance est douce, teintée de fous rires.
C'est toujours aussi agréable de travailler avec elle.
Alors que je sors des toilettes, j'entends une voix féminine : "Claude ?!"
Qui peut m'appeler ici par mon prénom ?
C'est Bénédicte Goisnard, une vieille connaissance.
Elle avait participé au spectacle de théâtre musical "Issue de secours" dirigé par Richard Dubelski en 1999.
Une pièce où se croisaient musiciens, acteurs, danseurs.
Il y avait aussi un groupe d'adolescents qui travaillait avec nous et elle faisait partie des plus âgés.
Je l'avais croisé à nouveau en 2005 lorsqu'elle travaillait à Citédanse à Grenoble, un lieu partagé par un collectif de chorégraphes qui proposait une fois par mois des scènes ouvertes.
J'y avais proposé à l'époque "le Christ Noir" et "l'écolier", extraits de "apporter sa part de soleil", une pièce que j'avais créé pour commémorer la naissance de Léopold Sedar Senghor et de Joséphine Baker.
Depuis, Bénédicte avait quitté ce lieu et s'occupait d'artistes.
Elle en accompagnait justement un qui travaillait dans le Grand Studio.
"tu transpires toujours autant quand tu travailles .."
Tiens .. Je n'avais vraiment remarqué que je suais plus rapidement que les autres …
Je le cale sur une portion spécifique de la musique.
Je tente aussi des choses quant à l'entrée de Marie.
Une entrée similaire à la mienne et sur le même début de musique, comme un passage obligé de différentes boucles.
Sisyphe … toujours … qui pousserait son rocher autrement …
Le passage musical qui mène du solo au duo n'est décidément pas le bon, il va falloir que j'y retravaille.
À un moment donné, je nous surprends à nous tenir la jambe droite au même endroit …
Claquage aux ischio-jambiers de la jambe droite.
Nous avons le même, survenu sur scène pour tous les deux, mais elle quelques années plus tôt.
D'autant qu'on va se revoir au cours ce soir.
Après le départ de Marie, je revois un peu la nouvelle partie commencée la veille.
Comme pour toutes les autres, j'ai du mal à avoir la qualité et la mémoire.
La concentration n'y est pas ..
Et puis je ne suis pas sûr d'être vraiment à ce que je veux.
Je quitte KLAP un peu après 18h.
Il y a encore les deux cours ce soir ...
"Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."
RépondreSupprimerA.Camus