En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


vendredi 18 mai 2012

16/04/12 - de retour au Pavillon Noir


le studio Bagouet
encore beaucoup de questions
de bonnes surprises





Je retourne au Pavillon Noir avec certain plaisir.
Ce week-end j'ai appris une bonne nouvelle, Caroline une des danseuses du projet "En correspondance(S)" (cf. 27/03/12 ) est enceinte.
Ca fait toujours drôle de voir des filles que tu as connu enfant ou adolescente devenir maman.
J'arrive assez tard ce matin, une fois de plus.



Aujourd'hui, je suis au studio Bagouet à l'étage intermédiaire (1er étage à droite sur la photo), il jouxte la salle de la machine à café.
Ce studio est un petit peu plus que le Waehner (tout en haut à gauche) où j'étais la fois précédente, j'y avais aussi travaillé Correspondance(S) sur le "Ravel et Sibélius"
C'est drôle, j'avais travaillé cette partie du solo à la fois ici et au studio de Kéléménis, l'ancien  (cf. KLAP jour 1).
La dernière partie subira le même traitement, mais en sens inverse (Kélé d'abord, Pavillon noir ensuite)

Je ne suis pas très concentré pendant la barre.
Mes petites angoisses habituelles (douleurs, inquiétudes par rapport à la création et à son devenir) sont toujours là mais aussi le souvenir de cette fin de semaine dernière à KLAP, pas assez productive selon moi.
Il y a, en plus, une série de courriers que j'ai reçus de vieilles histoires que je croyais définitivement enterrées.
Je serai toujours autant fasciné par les gens qui, se déclarant "absents" et "retirés de tout ça", arrivent toujours à être bel et bien présents en envahissant nos vies et nos pensées.
Cette fois-ci, il s'agit d'une chorégraphe pour laquelle j'avais composé une musique pour un solo.
À l'époque, nous étions amis.
Elle trouve que la musique du duo, sur un rythme ternaire ressemble trop à celle que j'ai composée pour elle et que ça n'est pas juste.
Il se trouve que je suis un compositeur en herbe et autodidacte de surcroît.
Même si j'essaie de rester vigilant, j'utilise les procédés de composition que je connais et qui me plaisent.
Comme je n'en connais pas énormément, il est certain que parfois, je retombe sur les mêmes choses.
Imaginer que je l'ai fait exprès, c'est bien mal me connaître.

Après la barre, je déjeune près de la machine à café.
J'y croise quelques techniciens et aussi Nathalie qui s'occupe de l'accueil en studio des compagnies.
Quand je les avais laissé, ils rêvaient de ce qu'ils allaient faire avec l'argent qu'ils allaient gagner à l'Euromillion du vendredi 13.
Parce qu'ils allaient forcément gagner !
Aujourd'hui, cruelle déception, ils n'étaient pas les heureux gagnants ..



Filage pieds nus.
J'ai oublié mes chaussettes et ce studio est le pire pour ça.
En plus, il est plus rectangulaire que les autres.
Comme le solo est surtout basé sur les diagonales et qu'ici elles sont plus plates, je m'oriente mal et mon corps me le fait sentir : les équilibres sont hasardeux, les genoux claquent, il sont douloureux ..
La reprise est laborieuse, comme si mon corps n'avait pas envie (ou serait-ce la tête ?).
Je m'obstine à le faire quand même, au moins pour la mémoire.
Et c'est bien utile : certains détails me chiffonnent, ils circulent mal dans le corps, le rythme me paraît bizarre.
Je décide de revisionner les vidéos de la première session.
En fait, la danse s'est transformée .. et pas forcément dans le sens que je veux .
Revoir tout ça dans le détail s'impose.
Et il y a cette dernière partie qui ne fonctionne toujours pas.
Je tourne toujours autour des mêmes questionnements :
- comment retourner à la lenteur ?
- quel contenu et à quel rythme ?
- la danse doit-elle s'adapter à la structure musicale ou est-ce que je dois décider de la danse et adapter la musique ?
Pour la dernière question, la réponse est sûrement entre les deux.



Je tente d'abord en me bornant à la musique telle que je l'avais laissé, elle est décidément trop longue.
Je raccourcis une première fois, mais cette fois ci c'est trop court.
Je me replonge dans la danse, décide de ce que je fais et décide de ne plus en changer.
La durée musicale est intermédiaire ..
Maintenant que le chorégraphe et le compositeur sont d'accord, l'interprète doit se plier aux choix du chorégraphe.
Parfois la mémoire ne suit pas, parfois le corps n'est pas stable, pas assez précis, ou il manque de puissance.
En fin de journée, l'horizon s'éclaircit.
Une certaine continuité s'installe.
La jambe me lance, les genoux me brûlent.
Il est temps d'arrêter.
J'ai filmé les dernières tentatives, je regarde dans le car.

C'est le retour des bonnes surprises !
Mais pas où je crois ..
En fait, certains déséquilibres génèrent de jolies courbes et de nouvelles variations que je n'avais pas envisagé.
Maintenant, il va falloir s'y tenir …

Demain ...


sur la vidéo : la fin version KLAP, et la version Pavillon Noir en devenir

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire