Le concours de Biarritz
L'océan
Le vote
J'ai quitté le Pavillon Noir à regrets pour aller à Biarritz où je suis jury depuis une certain nombre d'années dans un concours international.
Je n'aime pas beaucoup la ville de Biarritz en elle-même, un peu trop "rangée" à mon goût, mais l'océan à cet endroit y est magnifique et surtout l'accueil de l'équipe organistarice font que je pars avec le sourire.
L'action des bénévoles dans ce genre de manifestation me touche toujours : ils passent des semaines à préparer, à gérer des crises, à supporter des jurys et des candidats parfois bien trop exigeants et tout ça - du moins ici - avec le sourire.
Dans ce concours, je me sens toujours le Petit Poucet quand je rencontre mes collègues : ce sont des gens aux c.v. prestigieux, à la renommée internationale, et moi ...
Cette année, j'étais entouré d'un chevalier des arts et lettres, de deux professeurs de conservatoire supérieur national, d'un directeur de centre chorégraphique national et d'un professeur de compagnies de danse internationales.
Moi qui n'aurait jamais rien de tout ça, je me demande souvent si j'y ai bien ma place mais bon, si on m'a appelé, je viens et je fais ce qu'on me demande de faire : mon boulot, et le mieux possible.
Cette année, la météo n'est pas bonne du tout: de la pluie pendant trois jours quasiment sans arrêt.
Dès qu'il y a une accalmie, je m'échappe (enfin quand je peux) pour faire des photos de l'océan ou des petits films.
J'en ai fait chaque année jusque là et puis Sylvain (mon ami réalisateur) me rappelle que les vagues sont un des ces exemples de mouvements perpétuels qui sont de l'ordre de notre Sisyphe ..
Pour en revenir au concours, un de mes collègues a des propos rétrogrades par rapport à la danse et parfois même proche de ce qu'on appelle le racisme "ordinaire".
Ca me choque, ça m'attriste.
Nous sommes le week-end du premier tour des élections présidentielles ...
Dans ce concours, je vois toujours autant de choses qui me fatiguent : les légendaires chutes 4e, qui, apparues dans les années 80, plutôt du côté de la danse contemporaine, ont envahi une grande partie des cours de danse jazz et donc des variations de concours.
C'est désormais un classique (donc ça n'est plus original du tout) , à tel point que dans une émission de télécrochet où on cherche "la meilleure danse" un des jurys a dit que c'était un fondamental.
Je ne suis bien sûr PAS DU TOUT d'accord avec ça.
Dans les grands classiques, il y a aussi, cet équilibre sur la nuque avec les jambes en l'air dans toutes sortes de positions mais plutôt écartées, celle-ci vient plutôt du hip hop ...
On a l'impression que les candidats se disent que s'ils ne passent pas par ces figures de style, ils perdront des points ..
Dommage, c'est plutôt l'inverse qui arrive.
Dans ce concours, je vois aussi de belles propositions chorégraphiques :
une nouvelle version des femmes de Barbe Bleue (c'est un thème qui marche bien en ce moment) de Lhacen Hamed Ben Bella, il y a aussi un travail tout en délicatesse à partir de chemises suspendues sur des cordes à linges, je n'ai pas retenu le nom de l'école au moment des résultats .. Dommage.
Je croise aussi de beaux interprètes.
Un jeune danseur qui prend des cours depuis peu mais qui est très doué et nous propose déjà un solo singulier déjà très personnel et qui swingue grave.
Dans les plus agés, il y a aussi ces trois danseurs contemporains qui nous ont proposé trois styles bien différents : un presque néo classique, un presque jazz, et un presque hip hop.
C'est intéressant de voir ces jeunes qui visiblement viennent d'autres disciplines entrer dans cette danse contemporaine en toute créativité.
Il y a aussi Gwen Rakotovao.
Normande d'origine malgache, elle est passée par l'école de Rick Odums avant d'aller étudier à New York chez Alvin Ailey où elle s'est installée et développe maintenant ses propres projets.
Vous pouvez jeter un oeil à son site :
Cette année, je ne verrai pas la finale classique, dommage, j'aime bien ça.
Mais le 22 avril est une date importe, il faut rentrer voter.
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