En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mercredi 23 mai 2012

18/04/12 (1) - Dernier jour laborieux


Des nouvelles de Taipei ...
Peu de photos mais beaucoup de liens vers les épisodes précédents ...
Une première dernière fois ..




Après une nième mauvaise nuit, j'ai du mal à démarrer.
Pendant que la lessive tourne, je me plonge un moment dans cette fameuse version ternaire de la musique avec cette partie de transition qui ne me convient toujours pas.

J'enlève les pistes des instruments qui me semblent plomber l'atmosphère, je récupère des éléments de la version originale.
(pour ceux qui n'ont pas lu les premiers articles, vous trouverez cette musique ici :

Je reçois un mail du Bamboo Curtain Studio de Taipei.
Ca faisait un certain temps que je n'avais plus de nouvelles, ça me fait plaisir.
Mon interlocutrice principale s'appelle Mei.
Elle me pose beaucoup de questions sur le stage que je vais donner là bas pendant ma résidence.
Quel contenu ? Ce que ça va m'apporter ? Ce que ça peut apporter aux stagiaires ?
J'y réponds aussi précisément que possible, sachant qu'encore plus qu'un cours, un stage d'une semaine comme celui-ci, peut fluctuer, évoluer, voire même changer d'objectif en fonction des participants et de la relation qui s'installe entre nous.

Je pars une fois de plus très en retard.
Valérie (cf. l'article sur Valérie Gho) est arrivée avant moi et prend des photos du bâtiment.
Pendant que j'écris mes notes pour le blog près de la machine à café, elle prend des photos de reflets de la grande table métallique.
Pendant que je monte me changer et que j'installe l'ordinateur, elle va s'acheter à manger.
J'écoute la musique du duo dans les enceintes du studio Waehner, ça n'est pas encore ça, il faudra que je travaille encore.
Valérie arrive au moment où je commence la barre.
Elle s'installe discrètement derrière moi, pose son appareil et suit mes mouvements.
La jambe me tire plus aujourd'hui.
Je sens la fatigue de la mauvaise nuit.
Dommage …

Contrairement à la veille, les filages sont très moyens.
Je décide d'insister surtout la nouvelle deuxième partie, je sens que je tiens quelque chose mais ça n'est pas encore là.
Je revois les directions, les appuis, le nombre de pas, le rythme pour arriver dans le temps imparti.
Chorégraphiquement la chose est claire, il faut "juste" que mon corps l'accepte et que mon esprit le guide par une interprétation adéquate.
Il y a cette phrase que je reprends.
Il y faut des nuances.
Il faut que je la vive différemment.
Il y a toutes ces différences de qualité : le lié des parties lents, le retour de l'air dans l'errance et parfois du feu dans les accélérations.

Tant de "petites" choses.

Quand je visionne le tout, la danse me paraît simple.
Le ne serait-elle pas trop ?
En même temps, je sais que c'est ce que j'aime et ce que je veux mais je sais aussi que c'est qu'on me reproche.
Une amie chorégraphe et excellente pédagogue, Lola Kerali, a écrit à propos de la vidéo de fin de stage (cf.26/03/12quelque chose qu'il faut que je garde à l'esprit :
" beau!!! la simplicité sublimée !!! "

Persévérer, affirmer .. et y croire.
C'est ce que je dis toujours aux participants des rencontres que j'ai en entretien.
Ca serait bien que je l'applique.

C'est mon dernier jour ici, c'est bien dommage.
Il faut que j'en profite.
Je filme.
J'aurais bien aimé avoir une version complète sans erreurs mais je sens qu'avec la fatigue ça ne va pas être possible pour l'instant.
Je décide d'un point de départ, je me trompe, je râle, je change de point, me trompe encore.
Je peste.
Et Valérie qui assiste à tout ça ...

En guise de pause, je laisse dérouler la musique du duo qui s'enchaîne à la mienne.
Valérie me dit qu'elle est très jolie.
Ca fait plaisir.

Elle me quitte à ce moment là, je reste seul à lutter contre moi même.
Après une gesticulation libératoire, je m'y remets et réussis la dernière partie dans une version proche de celle que je veux.


Je filme une dernière fois ....

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