Trets, Éric Dedebant,
pas de mémoire et un peu d'affolement
un agréable retour à KLAP
Nous attaquons notre troisième jour de pluie.
Il pleut toujours un peu au début du festival de Cannes mais là ...
Cette météo plombe un peu tout.
Le moral n'est pas au beau fixe et un peu de vraies vacances me feraient le plus grand bien.
Elle sera binaire .. tant pis.
Je trouve une boucle de percussions plus occidentale.
Je la déconstruis et je l'immisce dans la variation plus "asiatique" dont je m'étais servi jusque là pour le solo et le duo.
Je développe un peu la mixture, cale de nouveaux silences, met en avant certains sons et c'est déjà l'heure de partir.
Aujourd'hui je vais à Trets, une petite ville à l'est du département.
J'y ai travaillé onze ans dans une école de danse et c'est là que j'ai rencontré certaines de mes danseuses comme la belle Sophie (dont je vous ai déjà parlé) mais aussi Élise qui est toujours avec moi, il y a eu Laurence aussi.
De cette école sont sortis quelques danseurs professionnels qui sont dans des grandes compagnies classiques internationales (Ballets de Monté-Carlo, de Hambourg, ballet national du Chili).
Certains élèves ont développé leur passion dans de grandes écoles (Rudra Béjart, ESC Rosella Hightower, Opéra de Paris) mais ne sont pas allés plus loin.
Même si je n'ai plus de contact avec la directrice de l'école, j'ai toujours des nouvelles de tous les danseurs qui sont passés par mes classes dans cette décennie.
Je vais donc à Trets où le samedi 2 juin, je retrouverai avec grand plaisir un autre plasticien, un peintre cette fois-ci, Éric Dedebant.
J'avais déjà fait une performance avec lui en décembre 2010, entre les deux créations de Correspondance(S) (en France en décembre et en Finlande en février)
Cette performance là était toute imprégnée de ces créations, du moins dans les mouvements, même si le fond était tout autre.
Cette fois-ci, nous sommes autour de notre Sisyphe, et aussi de ces tableaux sur le corps.
Comme pour la fois précédente, Éric va peindre pendant que je danse en s'inspirant de ce que je vis, de mes mouvements, de l'énergie qui se dégagera, de l'atmosphère créée par lui, le public, la musique et moi.
J'arrive en retard.
La pluie, les bouchons, et un Max vieillissant qui a de plus en plus de mal à démarrer (Max c'est ma voiture .. oui elle s'appelle Max ... et j'en parle au masculin)
Je découvre ses nouvelles toiles, lui promets de lui envoyer les liens vers la musique et la vidéo des choses en cours, même si c'est quasiment certain que je ne me serve pas des choses telles quelles.
Je déjeune avec Béa qui organise tout ça (j'écris - c'est promis ! - un article sur Béatrice Toulouse Auréglia très bientôt, ça fait quand même la quatrième fois que je vous en parle ...) et je repars sur les chapeaux de roues à KLAP pour ma répétition du jour.
Je n'y serai jamais à 14h.
Je préviens Alexandra de mon retard.
Nous avions convenu, la veille, que si jamais je ne pouvais pas être à l'heure pour la remise des clés, je la prévenais : elle avait une classe de collège qui visitait la maison dans la foulée et ça aurait été compliqué d'interrompre la visite pour mon arrivée.
En chemin, je me rends compte que j'ai oublié le cordon d'alimentation de l'ordinateur mais aussi mon appareil photo caméra mais aussi le câble audio .. J'ai tout oublié quoi ...
À croire que je n'avais envie de travailler en studio aujourd'hui ...
Je repasse par chez moi,
bouchons (Marseille est en grands travaux pour 2013 et en voiture c'est vraiment très difficile),
je me gare en catastrophe, sort toutes mes affaires de Max, claque le coffre et ..
réalise que les clés sont restées sur le contact ...
Je passe à KLAP récupérer les clés du studio où je vais travailler et repars chez moi une troisième fois prendre le double des clés de la voiture.
C'est la même jeune fille que la première fois qui m'accueille.
Alexandra est dans le hall avec les collégiens.
Elle leur explique certains principes fondamentaux de la danse contemporaine.
Je me souviens des consignes, la grille, la signature, le foyer ..
La jeune fille sourit.
Je commence à trouver mes marques ..
Le début d'une installation ?
Alexandra vient me saluer après avoir raccompagné le groupe.
Elle s'excuse de ne pas avoir été là.
Je lui dis que c'est de ma faute, c'est moi qui était en retard.
Jeudi, je serai dans le grand studio.
Du coup cette fois-ci, je le visite aussi.
Quand nous rentrons, une jeune femme est seule, assise dans les gradins.
Ca me rappelle une image :
Moi-même, seul, assis dans le studio Waehner du Pavillon Noir (cf.26/03/12)
Après mon dernier aller retour, je me pose donc au Petit Studio.
Couché sur le sol, j'écoute cette nouvelle musique que j'appelle "Sisyphe tranquille" en me calmant du stress de la route.
Des images apparaissent :
Des filles, au sol, de dos.
Elles sont sur une île, ou sur une autre planète.
Elles bougent très lentement au sol au rythme des vagues, une danse tranquille.
Elles pointent la lune (ou la planète terre ?)
Des mouvements arrivent dans le corps, des choses qu'elles auront en commun.
Je vois aussi une traversée, une phrase en boucle, faite en ligne, au lointain ou en avant scène ..
À voir quand elle va se placer.
Et du coup, vu qu'elle va bien avec cette musique, si je la place ailleurs dans la pièce, est-ce que j'intercale cette section musicale ailleurs, ou est-ce qu'elle sera dansée sur une autre partie de musique ?
À réfléchir ..
Je vais écrire des articles du blog dans le hall, Michel Kéléménis est là, il discute avec Alexandra.
Je me sens plus détendu qu'à mon premier séjour.
De retour au studio, je m'attaque à l'éveil des filles, les lotophages.
Je fais quatre versions avec des départs globalement de dos mais dans des orientations différentes.
Transfert des vidéos.
Ca a l'air plutôt intéressant.
En route pour le centre Isadora pour le cours du mardi soir.
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