Ambiance surréaliste
Pas facile de ne pas être pauvre et d'avoir bon goût
Tout avait été calé avec Gwendoline
(l'assistante de mon élève, qui s'appelle Gersende ! J'ai oublié de vous le dire je crois) :
les espaces pour danser, le timing, le déroulé de la soirée, j'avais envoyé un petit texte sur la compagnie, et le DJ avait demandé la musique à l'avance pour voir ajuster sa programmation.
Nous aurions une chambre en guise de loge.
Les allées du bar allaient être recouvertes de gazon synthétique créant un parcours allant de l'entrée de l'hôtel à la réception et aux ascenseurs, avec une branche qui rejoignait le carré V.I.P. d'où on avait une splendide vue sur le port.
Magali serait dans le carré V.I.P, Carole au grand espace devant la réception et je resterai au carrefour des deux allées, ce qui permettait que nous puissions nous voir du coin de l'oeil.
Mercredi 13 juin.
Il fait très chaud à Marseille.
Nous avons rendez vous à 18h30.
Dans l'après-midi, je reçois un coup de fil affolé de Gwendoline : l'hôtel est complet, plus de chambre disponible pour faire une loge, nous serons dans un salon où se tiennent habituellement les conférences ... Qu'à cela ne tienne ..
Magali arrive avant moi, je suis passé acheter des cerises.
Le salon est grand, il y a des cintres mais pas d'eau ni de miroir.
Il y a un souci au niveau des espaces, le carré prévu pour Magali est occupé sur sa moitié par deux gros fauteuils bien moelleux et une jolie table.
Je laisse à Magali ma place au fond du hall.
Je gérerai mon impro-compo sur l'allée entre le bar et le carré V.I.P.
Carole est bloquée dans les embouteillages.
Pas la peine de stresser, nous ne passons qu'à 21h30.
Magali se maquille, Gwendoline passe nous voir.
On la rassure, tout va bien.
Je lui demande un fer à repasser pour mon tee-shirt ...
Panique ..
Elle préfère l'emporter et demander à quelqu'un de le repasser
Génial !
Elle nous explique où aller dîner.
L'hôtel est un labyrinthe.
Un escalier, des couloirs, petit à petit le faste du cinq étoiles laisse la place à une décoration de bureaux de la fonction publique, les murs sont peints en beige, marron ...
un autre escalier (en colimaçons ce coup-ci), nous voilà au sous-sol.
Des plongeurs finissent de manger dans un petit self.
C'est là que nous dînons.
Un peu après nous, arrivent des filles très (trop?) maquillées, probablement des mannequins du défilé ou les hôtesses d'accueil.
Le petit groupe que nous formons tranche beaucoup avec le personnel des cuisines de l'hôtel.
Carole m'appelle, elle vient d'arriver à l'hôtel.
Je monte la chercher (je me perds, évidemment).
Elle est restée à l'extérieur.
L'entrée est tellement classe qu'elle n'a pas osé entrer.
Je la comprends j'ai fait pareil le jour du rendez vous avec Gwendoline.
Elle pose ses affaires, je l'accompagne au self (on se perd à nouveau !)
Retour dans notre salon loge, la clé électronique ne marche plus ..
Heureusement, quelqu'un du staff vient chercher des costumes, on profite pour rentrer.
On se chauffe, on révise, on rit .. beaucoup.
20h, nous sommes prêts, le temps va être long ..
Vers 21h15, Gwendoline nous demande si nous serions prêts à démarrer dans .. une demi-heure ..
Patience ..
On entend la musique d'ambiance ..
Plus digne d'une boîte de nuit de plage que d'un hôtel ...
Ah .. on parle de nous
"et dans quelques instants ... la troupe c2a ! " ..
j'ai connu plus classe comme annonce
Enfin, au moins, il n'a pas dit "Claude Aymon et ses danseuses", c'est déjà ça ...
Finalement, Gwendoline vient nous chercher ...
Elle est presque plus excitée que nous.
Nous débarquons ...
Ca parle fort.
Le "public" a déjà beaucoup bu (surtout les plus jeunes).
Il y a eu beaucoup d'attente avant et après le premier défilé.
Ca ne va pas être facile de capter l'attention.
La musique démarre.
On se lance.
Si Carole est dans un espace plutôt calme, c'est moins le cas pour Magali et moi.
Magali frôle le visage d'une fille avec son pied alors qu'elle lève la jambe, la fille n'avait pas remarqué qu'elle dansait.
Quant à moi, ce sont les talons d'une jeune fille assez alcoolisée qui éclate de rire pendue au cou de son copain tout aussi saoul, qui manquent de m'écraser la main alors que je finis ma variation aux cerises ...
Un instant plus tard, c'est un serveur qui me barre la route avec son plateau rempli de tapas.
Ca me rappelle, les années 80 quand je travaillais avec des troupes brésiliennes dans les soirées cabaret ..
Les gens semblent à peine nous regarder tant ils sont occupés par leur verre, leur estomac ou leur conversation.
Je croise le regard de Gersende qui a l'air contente, c'est l'essentiel.
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| merci Anne-Sophie pour les photos !! |
La musique se finit, nous regagnons la loge-salon sous quelques applaudissements.
Je suis inquiet pour Gersende, j'espère que notre prestation aura plu.
Arrivés à la porte du salon, la clé ne fonctionne toujours pas.
Je laisse les filles devant la porte, jambes nues, Carole en chemise et Magali en nuisette, je vais demander à la réception si quelqu'un peut nous ouvrir.
"ah mais vous êtes les danseurs ?"
Non, mademoiselle, mon jeu préféré est de me balader pieds nus en caleçon dans les hôtels 5 étoiles ..
Nous voilà dans la loge.
On commente ce qui s'est passé, on se change ..
On sort.
Devant la porte, on croise une mère et sa fille.
La femme, une quarantaine d'années assez classe, nous remercie.
Elle nous félicite aussi d'avoir tenu le coup dans de telles conditions.
Ca fait du bien ..
C'est la première personne qui nous dit bravo ou merci.
Ce petit moment de grâce est vite interrompu par sa fille.
Toute bien habillée qu'elle fût, elle assène à sa mère "Oh! mais tu vas où là ? moi je vais aux chiottes ..."
Retour assez abrupt à la réalité.
Dans le hall, nous avons soif.
Personne pour nous offrir quoique ce soit ..
Gwendoline a disparu ..
Je trouve Gersende.
Elle a un large sourire.
Elle s'occupe de nous.
Munis de nos "coupons conso", nous allons boire un cocktail au bar pour célébrer la chose ..
C'est à ce moment là que le second défilé démarre.
En fait, les gens sont tout aussi peu intéressés par le défilé que par la chorégraphie.
Ils boivent.
Ceci dit, les mannequins masculins qui défilent en maillots (1m75 maxi, à la musculature laissant parfois légèrement à désirer) ne sont visiblement pas des professionnels ..
Un second cocktail.
On s'installe au carré V.I.P quasiment vide.
On admire la vue.
On rit beaucoup.
Encore.
Le DJ annonce la fin des "animations" et la transformation du bar en "dance floor".
La réaction est étonnante :
les gens se lèvent .. mais s'en vont.
Seule une serveuse s'agite du côté du bar avec un de ses collègues.
Nous improvisons une chorégraphie de bras avachis dans les grands fauteuils.
La salle se vide.
Il est temps de rentrer.
On cherche Gwendoline, elle doit nous dire quoi faire pour le parking.
On la retrouve dans les bras de son petit ami ...
Magali me laisse au Vieux-Port, elle va finir la soirée à Aix à son cours de salsa ...
Sofitel vieux-port, affaire classée
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