C'est ce que j'ai fait la semaine dernière lors de notre séjour en région lyonnaise et j'attaque aujourd'hui, une semaine après la résidence à Pôle Pik, le partage avec vous de cette belle parenthèse.
Dimanche après midi.
Je prépare mes affaires.
Je suis passé depuis peu d'un téléphone portable à un iphone qui a l'air génial sauf que j'ai encore un peu de mal à tout bêtement passer et recevoir des coups de fil.
Du coup, je n'ai pas vu les messages que m'a laissés l'hôtel où je suis sensé dormir ce 24 février.
En consultant mes mails, je vois que je me suis trompé dans la réservation : ils m'attendaient le 23 ...
Je tente de voir si je peux reporter au 24.
Impossible.
C'est dans ce genre de situation qu'on regrette les petits hôtels où on réservait par téléphone.
La chambre réservée le 23 m'est facturée, je décide d'annuler ma nuit lyonnaise du 24 et de partir tôt le matin du lundi.
Lundi 5h.
J'ai les yeux ouverts avant que le réveil sonne.
Derniers préparatifs.
Trousse de toilette.
Tout ce qui faut me faire un thé digne de ce nom le matin.
À 6h, je suis dans la voiture.
Un dernier crochet pour déposer du courrier à l'administratrice et me voilà sur l'autoroute du soleil.
Il fait encore nuit.
La lune presque pleine me suit.
Ca me rappelle mon départ de Kaohsiung pour l'aéroport.
Elle était à droite ce jour-là.
Ce matin, elle est de l'autre côté.
Le silence relatif à peine gâché par le bruit du moteur me va bien ce matin.
Je suis inquiet.
L'oeil rivé sur la route, mon cerveau divague :
d'abord Taiwan bien sûr,
avec cette lune qui me fait penser à Wu Gang et à l'autre résidence, celle du Bamboo Curtain Studio.
Je pense à la nouvelle commande que m'a passée miss Chou,
et aussi à Dancecology qui vient de me proposer de participer à leur prochaine production d'été.
Après le péage de Lançon de Provence, je pense aussi à Marie-Jo, une amie danseuse qui habite dans ce coin et que je ne vois pas assez.
Avignon.
Il est 7h.
Je sors de l'autoroute pour remplir le réservoir d'essence.
Je me perds dans le centre commercial encore vide.
En route pour la vallée du Rhône.
Cette fois-ci, avec la radio.
Le soleil se lève quand je traverse la Drôme.
Je ne sais pas comment, mais mon esprit en vient à répertorier les chorégraphes de la région qui ont éclos ces dernières dizaines d'années.
Tellement peu sont soutenus, trop ont arrêté de créer.
Ceux qui ont résisté ont préféré prolonger l'aventure en contournant l'obstacle des théâtres, ils dansent dans la rue, les jardins, les monuments historiques.
D'où viennent les nouveaux noms ?
Essentiellement des Centres Chorégraphiques Nationaux ou des compagnies conventionnées : Julien Lestel, Samir El Yamini ...
Comme s'il n'y avait plus de talents dans la région hors des murs de ces lieux "d'excellence" ...
Faire gaffe au compteur.
Ce serait dommage de se faire flasher par inattention sur cette autoroute vide ..
Vienne.
Il est presque 9h.
Tout est gris blanc.
Le ciel, les toits, les talus d'autoroute.
Me voilà dans cette région lyonnaise où j'ai passé deux ans où le gris m'avait fait bien du mal.
L'embranchement pour Saint-Etienne.
Je pense à Alain Quaglia, un ami qui m'avait soutenu en participant à l'achat de mon billet d'avion pour Taiwan pour mon premier séjour.
(vous avez peut-être lu son nom dans le premier blog que j'avais écris :
c2a à Taiwan)
Il habite dans le Pilat, dans ses collines juste là, à l'ouest.
Chasse-sur-Rhône.
la gare où je commençais à préparer mes affaires quand je montais en train (à l'époque il n'y a pas la ligne à grande vitesse)
Feyzin et ses raffineries.
La Mulatière, l'entrée sud de Lyon.
Nous y voilà.
Je suis accueilli par un bouchon.
J'ai encore un peu de temps.
Magali n'arrive qu'à 10h.
Je regarde mon téléphone.
Elle m'a envoyé deux SMS.
Elle est dans le train.
Tout va bien.
Je sors à Gerland et longe le Rhône par la rive gauche.
Le quartier a bien changé
La place Jean Macé, où j'attendais le 39, le bus qui m'emmenait à la cité U.
Le boulevard Berthelot, la Guillotière ..
Que de souvenirs.
Me voilà à la Part Dieu.
Je vais au parking minute.
La première demi heure est gratuite.
Je dépasserai un peu, ça ne devrait pas coûter trop cher.
Je prends un café et envoie un message à Magali pour la prévenir que je serai en bas des escaliers dans le hall de la gare.
Son train est à l'heure et moi je suis en avance.
Finalement, je lui fais la surprise de l'attendre sur le quai.
3€20 pour une demi heure !
Une arnaque ..
Nous traversons Villeurbanne.
Je remonte vers Grandclément et tourne instinctivement à droite.
Je suis sur le trajet du 34, le bus que je prenais pour aller de la cité U à la fac.
Montchat, c'était là que je prenais des cours de danse.
Je prends l'avenue Lacassagne.
Il y a le tramway qui la croise maintenant.
le boulevard Pinel, le Vinatier, Bron ..
Pôle Pik !
Il y a aussi Jean-Michel, le régisseur du lieu.
Je laisse Magali entre de bonnes mains.
Pour ce matin, il reste Élise, Sophie et Fred qui arrivent à 11h.
Retour à la Part Dieu.
Sur la route de la gare, je prends l'avenue Jean Mermoz, et je suis bien ému de revoir ma cité universitaire.
Je passe à côté de la Maison de la danse,
au Bachut, où j'ai ouvert mon premier compte en banque.
Que de souvenirs ...
Il y a un bouchon à la Guillotière, j'envoie un message à Élise pour prévenir que j'aurai du retard.
Elle m'a elle-aussi envoyé un message : elle vient de finir de partager un quart de bouteille de vin bio avec Sophie ..
Elles s'entendent déjà bien, j'aime ça.
J'arrive à 10h05.
Pas de parking minute.
Je vais directement au dépose minute (car ça n'est pas la même chose) et j'attends, comme les autres , dans ma voiture.
J'appelle mes trois amis
Ils sont de l'autre côté de la gare.
Ils rigolent déjà, ça fait du bien.
Je les dirige vers le sous sol où je suis.
Je quitte la voiture le temps de les réceptionner en bas de l'escalator.
Ils sont en pleine forme, ils se lancent des blagues.
Je me détends.
Tout le monde est là pour les arrivées du matin.
Demi tour ..
La bonne rue,
Lacassagne,
le Vinatier.
On rit car la CGT organise un barbecue à l'hôpital psychiatrique.
Il y a sûrement une grève mais le panneau nous fait rire.
On échafaude toute une série de situations incongrues.
On rit de mes bafouillages : je mélange les mots, les prénoms ..
C'est souvent comme ça quand je suis fatigué ou stressé.
Nous voilà tous à Bron.
Hilares.
L'aventure Pôle Pik commence.
Et elle commence bien.




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