Arrivée tardive au Pavillon noir ..
c'est jeudi .. je pense à Marie
Bien que levé à 7h, je ne décolle pas avant 11h.
La nuit a été courte et agitée, j'ai du mal à me mettre en route.
Il y a aussi toutes ces autres choses à faire comme la mise en ligne de l'extrait de répétition pour une hypothétique subvention du conseil régional ou les dernières relances pour le stage de ce week-end.
Enfin, j'ai la possibilité de donner un stage à Marseille.
Un stage que je n'organise pas moi pour moi même mais où on m'invite comme n'importe quel autre formateur plus connu.
Il y a bien sûr le doute qu'il n'y ait pas assez de monde (nul n'est prophète en son pays ..
Et mon cv ne sera jamais assez beau pour attirer des gens qui n'ont jamais entendu parler de moi) et je comprends la réticence de l'organisatrice, aussi j'y mets toute mon énergie.
Certains cours sont déjà complets, c'est déjà une bonne nouvelle ..
On verra bien.
Pour le contenu, j'envisage plusieurs exercices de barre en fonction du niveau des stagiaires.
Ça ne sert à rien de mettre la barre trop haute ou trop basse ..
Surtout si je veux les revoir le lendemain !
Pour le conseil régional, je décide de me cantonner à la première partie.
J'ai improvisé une fin toute en lenteur dont je ne suis pas certain et qui surtout se relie mal pour l'instant avec les parties précédentes.
Même si je suis quasiment certain d'une réponse négative, ça ne sert à rien de leur donner des raisons de ne pas me soutenir.
Je défais donc le montage "complet" que j'avais prévu pour revenir à une version plus courte.
Je refais l'habillage tout en discutant sur facebook.
Mon sac est prêt ..
En route ...
Prendre le métro, traverser la gare, prendre le car
et me voilà donc au Pavillon noir à l'heure du déjeuner.
Mon corps m'envoie des signaux que je n'aime pas pendant la barre …
Mon mental doit rester assez fort pour dépasser ça.
Je reprends le travail, toujours en quête d'un rythme assez constant à chaque tentative.
Je précise les regards, peste contre moi même quand ils ne viennent pas naturellement.
Je suis toujours entre les deux processus :
laisser faire le corps, décider des choses et les travailler.
Je crois qu'il est temps de fixer les choses et d'arrêter de se laisser aller.
Notre rencontre est singulière.
Elle avait vu "le sérail de l'ombre" une pièce courte que j'avais présenté aux rencontres chorégraphiques nationales de la Fédération Française de Danse et avait dit à sa mère:
"je veux danser avec lui (elle avait juste 18 ans)"
Entamant des études en kinésithérapie, elle a débarqué à un cours et depuis on ne s'est plus quitté.
Dans un mois, elle aura déjà 33 ans.
Elle est kiné et mère d'une petite Juliette (toutes les filles qui sont enceintes quand elles travaillent avec moi ont comme premier enfant une fille, nous attendons toujours celle qui fera exception !).
Marie a décidé de ne pas devenir danseuse professionnelle.
Elle nous rejoint sur les projets, quand elle peut, dès qu'elle peut.
Nous voir vivre de notre passion l'a conforté dans son envie de faire autre chose et de ne garder que le bonheur de cette aventure.
Pas d'audition, quelques rencontres avec mes "collègues" dans des festivals ou des rencontres qui sont d'assez courte durée pour les rendre supportable, le plaisir des tournées de petites compagnies, c'est ce bonheur là qui lui suffit et, vu la précarité grandissante du métier, je ne la blâme pas, loin de là.
Marie est souvent libre le jeudi, c'est pour ça que je pense à elle.
Je me dis que les prochains jeudis, ça serait peut-être bien, si je suis prêt, de faire des tentatives de danse à deux.
Nous avons déjà quatre duos à notre actif.
Je vais lui en parler.
Les derniers filages sont laborieux.
Mes genoux sont douloureux à cause du sol (et cette fois ci ça n'est pas une excuse) et ma jambe se rappelle assez violemment à mon bon souvenir.
D'autant que, malgré le temps certain que j'ai mis à choisir les chaussettes, je finis quand même pieds nus.
Ma concentration est aussi mise à mal par les "voisins" du studio Farber, qui sont dans un registre musical tellement différent.
Je filme quand même assez pour faire des montages.
Comme depuis le début, le tout est inégal.
Si je réussis une partie, j'en rate une autre.
Si j'ai le bon rythme, je me perds dans la forme.
Je finis tôt le jeudi, j'ai mes deux cours du soir.
D'abord les adultes débutants que j'aime tant.
Et puis un cours d'un niveau hétérogène (de l'intermédiaire aux filles de la compagnie) où l'ambiance est bonne aussi et où, je crois, tout le monde y trouve son compte.
Ce sera une fois de plus l'occasion de tester et la phrase debout pour le second cours, et la musique dans les deux classes.
Je m'endors dans le car et je sens que ça va arriver souvent.
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