En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mercredi 13 juin 2012

02/06/12 - Perform'arts

Le partage entre artistes n'est pas toujours facile
douce ambiance sous une chaleur de plomb
un partenaire impromptu .. 




On y est, c'est le grand jour.
Je livre pour la première fois devant un "vrai" public des extraits du Sisyphe (les vidéos circulent notamment par ce blog depuis un mois ou deux maintenant).
Je publie un article,
(j'ai pris un peu de retard)
je commence à faire mon sac,
repasse certains costumes,
me voilà fin prêt pour l'aventure.

Après le déjeuner, je revois avec Éric Dedebant (cf. 31/05/12) dans quel espace il veut travailler, histoire d'être sûr ..
Et je fais bien, il a changé d'avis.
Il me reste une grosse heure pour changer une nouvelle fois les directions ..
Déjà la veille, le duo de la compagnie Chamboul'tout qui passe juste avant nous avait demandé s'ils pouvait investir le mur où je comptais danser ...
J'avais refusé.
Les artistes m'en ont parlé au déjeuner.
Solène, la musicienne qui les accompagne, dit que mon nom lui dit quelque chose ..
Sa tête aussi mais je ne vois pas quoi.
En fait, c'est une ancienne élève ...

La loge n'est pas très grande.
Le partage de l'espace est un peu difficile, ils ont beaucoup de décor ..
Pas moi.
Je mets la chemise, le tablier et le tee-shirt sur des ceintres.
Béa m'amène le panier de cerises.
J'installe la sono.
Pas le temps de faire une balance son, Solène a besoin de temps.
Elle joue en live avec des instruments fragiles (une harpe entre autre), il lui faut vraiment du temps.

J'attends que le duo commence pour avoir du calme et me concentrer.
Manque de pot, les Accoules Sax qui ont déambulé dans la ville et amené le public, s'installent dans la loge.
Ca discute répétition, calage de musique, divorce, vacances, fric ...
Je décide de m'isoler dehors dans un coin de la cour où il n'y a pas de public.


Je vois passer un musicien avec des cerises ...
Ah .. je n'avais pas précisé que ça n'était pas pour leur goûter.
Je retourne dans la loge,
me fraye difficilement un chemin jusqu'à mes chemises.
Je récupère tout (cerises compris) et m'installe dans les caves.

Je tente de retrouver mon calme et de me concentrer.
Au loin, j'entends des bribes de textes, de la musique, des applaudissements.
Je revise dans ma tête la structure de la performance.
Je redanse la variation de la traversée : avec les changements de direction, je commence à me perdre ..
Je me rassois, me concentre ...
On verra bien.



Béa apparaît.
"je t'ai appelé, on te cherche partout".
C'est à dire que je coupe mon téléphone quand je bosse.
Et comme partout ailleurs, il y a du monde, du bruit et que malheureusement, j'ai besoin d'un peu de calme pour me concentrer, je me suis mis ici.


Ca n'est pas comme la dernière fois avec Éric (cf. 31/05/12où je dansais quelque chose que j'avais déjà présenté en public quelques jours plus tôt.
Là, c'est une avant-première.
Bref, c'est à moi.
J'avais convenu avec Mika, de l'équipe organisatrice, que je rentrerais quand j'entendais la musique (la fameuse cloche, leitmotiv de "notre Sisyphe")

La voilà ..
Je rentre dans la cour et là ..
Le public s'est installé .. contre le mur .. à l'ombre
J'installe mon sac, les cerises ..

Au tiers de l'espace prévu, un jeune couple, seul ...
Je vais en dansant voler le chapeau d'une dame, je le mets sur la tête du jeune homme et commence une impro imprévue à deux mètres du mur devant les gens qui y sont adossés.
En bout de ligne, Georges Pansier, l'adjoint à la culture et sa femme (cf. 31/05/12), j'arrive à sa hauteur juste à un break musical ce qui me permet de m'accouder sur lui.

Il me reste encore une autre impro à trouver avant de pouvoir recoller à la structure prévue.
Je retourne à mon histoire de chapeau, la jeune fille réagit plutôt bien, mais son copain veut partir, ils quittent la cour du château ...
Je fais mine de partir aussi mais je m'arrête à la grille.
En revenant, j'ai l'occasion de voir toute l'assistance.
Je reconnais des gens de Trets qui étaient venus à la première performance, des anciens élèves de l'école Entrechats, des élèves de Marseille, des amis, Élise de la compagnie qui est venue avec sa fille.

La musique de la traversée arrive, je rentre dans les clous.

La traversée, les cerises, la musique du duo, j'en arrive au solo où tout devrait se dérouler sans encombre.
L'occasion de le danser in extenso devant un public se présente enfin ...
Sauf que ...
Ethan, 
20 mois, 
en a décidé tout autrement :
Il quitte sa famille pour aller voir ce qu'Éric barbouille .. 
et puis vient me voir de plus près ..
de très près.



L'instant est magique.
Il réagit à sa façon à mes mouvements, penche la tête, serre son doudou.
Il pleure, je le prends dans mes bras et danse avec lui.
Il se calme instantanément.


Je le ramène à ses parents.
Et repart dans une impro ..
Récupérer la structure du solo ? À quoi bon ..
Je laisse libre cours à ce que mon corps a envie de faire de tout ce matériau ingurgité ces derniers mois.
Fin de la performance.

Je vais offrir les cerises restantes au public.
La grand-mère du petit Ethan vient s'excuser.
Je lui dis qu'il ne faut pas.
Les performances c'est aussi ça.
Laisser les gens réagir.
Ce petit bonhomme l'a fait spontanément et en plus il est allé dans mon sens.


Je vais voir ce qu'a fait Éric, j'aime beaucoup et je lui dis.
Il est content.
Je me dis que ça serait bien de s'en servir pour la création finale.
Peut-être l'inclure dans le travail vidéo ?
Une nouvelle piste à suivre.

Éric parle avec les parents d'Élise, en fait, ils se connaissent de longue date.
Le monde est petit.
Je rencontre aussi Anabelle, une écrivaine publique qui est tretsoise et qui est aussi dans mes amis virtuels facebook.
C'est bien qu'elle soit venue à ma rencontre.
J'écoute les commentaires.
Certains me félicitent pour la performance, vu le sol.
Certains parlent du travail d'Éric et me disent que ça serait bien qu'il soit à la création sur scène aussi.
L'après-midi s'achève dans une certaine douceur.

Je suis invité pour le repas du soir.
Les musiciens n'ont pas prévenu qu'ils ne restaient pas, il y a beaucoup de nourriture.
Je propose à un ami de rester dîner.

Spectacle du soir.
Du théâtre, 
drôle.
Je croise Éric (un autre ! décidément il y a beaucoup d'Éric autour de moi ces temps-ci) du théâtre des Chartreux.
Il faudrait qu'on parle d'une éventuelle collaboration la saison prochaine.
Je n'ai pas très envie.
J'ai rarement envie de ce genre de choses mais encore moins ce soir.
L'atmosphère est douce.
La nuit est tombée.

Je rentre chez moi avec ma nouvelle voiture.
Première conduite de nuit.

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