Je me réveille un peu plus tard aujourd'hui.
Il doit être 7h30.
De toute façon, il fait gris.
Je n'ai pas raté la lumière de l'aube.
Après le petit déjeuner (thé et biscuits), je tente un montage final avec toutes les musiques que je vais finalement utiliser.
Le solo, le duo, la première partie de la musique du trio (celle que j'ai travaillée en France), le sept temps et la musique finale.
J'arrive à 32 minutes ce qui est un peu trop long.
Mais les structures internes vont sûrement encore bouger :
le contenu du duo n'est pas totalement défini, ni la partie finale.
Il y a aussi les transitions qui sont un peu longues, les silences entre les gongs.
Je les modifie et garde cette version de 30 minutes pour l'instant.
Je pars enfin nettoyer le studio.
Sous la pluie avec mon imper, mon seau et mes balais.
Après une pause déjeuner, (je vais au bento aujourd'hui (cf.jour 3) monsieur Canard n'est pas là), je me remets à la musique.
Mon téléphone taïwanais sonne, c'est Chien Chih Chang, mon collègue de l'an dernier qui m'avait assisté pendant les répétitions de Kaohsiung (pour ceux qui ont raté le début, il faut chercher Chien-Chih dans les mots clés dans la liste de gauche ou retourner à l'article de Kaohsiung).
Il me propose d'assister à la répétition de la compagnie qu'il a monté avec ses frères.
Quatre frères, quatre danseurs.
Trois d'entre eux sont pour l'instant dans la compagnie, le quatrième finit ses études .. de danse.
Ca se passe près du théâtre national où j'étais hier soir (cf.hier), je connais la route et en plus, ça n'est pas très loin de la NTUT où je vais travailler avec Dancecology.
Je finis l'assemblage musical et je pars vers le métro sous un temps gris.
Arrivé au théâtre, le ciel est bleu.
Parfait pour faire des photos .. Tant pis, peut-être après la répétition.
La Chang company travaille au sous sol de l'opéra national tout proche.
Quand j'arrive, ils sont en plein travail.
Une fille (la fiancée de Chien Chih) et cinq garçons.
Une danse très rapide et acrobatique, souvent en chaussettes.
C'est impressionnant mais ça manque un peu d'air et d'amplitude à mon goût.
Ils montent un spectacle avec cinq pièces courtes montées par les trois frères.
Ils font une pause vers 17h30, ça tombe bien, je dois partir.
Chien Chih vient me voir tout essoufflé et me propose une bouteille d'eau …
J'éclate de rire et lui dit de la garder pour lui : je suis assez assis pendant une bonne heure à les regarder, je n'ai pas besoin de boire, lui si.
Le frère ainé me demande ce que je pense du travail.
Je lui parle de mon ressenti, des choses qui manquent à mon goût ..
C'est drôle, ces gens dansent vingt fois mieux que moi et ils veulent mon avis ..
On se dit qu'on se reverra la semaine prochaine pour une autre répétition.
Je remonte à l'extérieur.
Ce sont des bâtiments presque jumeaux, en tous cas de l'extérieur.
Ils sont séparés par l'allée qui mène de la porte du mausolée de Chiang Kai Shek.
Je retrouve Chia-Mei (en fait Mei, comme tout le monde ici a un nom composé) à la sortie de métro au nom imprononçable (cf.avant-hier).
Aujourd'hui, il y a douze personnes au stage.
Pas tout à fait les mêmes que mardi, le niveau est un peu plus hétérogène.
Il faut que je reprenne la barre, et les phrases apprises la veille.
On perd du temps .. et on en a si peu ..
C'est un peu dommage mais bon, ils ont vraiment envie.
Vers 21h15, je regarde Hsiao-Yin parce que j'ai dépassé l'heure, sans que je ne lui dise rien, elle me dit "tu peux continuer".
Personne ne bouge, ne regarde l'heure, on enchaîne.
Il est presque 22h quand les plus jeunes demandent à Hsiao-Yin de me dire de les excuser mais il faut qu'elles rentrent à leur cité universitaire.
On a presque une heure de retard.
On danse une dernière fois et on s'arrête.
Je repars au métro avec Chun Liang, on parle un peu de nos vies.
Comme la veille, on se sépare à la gare.
Pendant que le métro me ramène vers Zhuwei, je réfléchis à ce qu'on va pouvoir faire à la représentation dimanche.
Ce groupe est super mais vu que je n'ai pas les mêmes gens tout le temps, ça va être compliqué de monter quelque chose rapidement comme j'ai pu faire ailleurs.
Je construis dans ma tête l'assemblage des deux phrases déjà apprises.
Nous avons aussi appris la phrase du duo.
Peut-être que samedi (où il y a moins de monde au stage), on pourra la travailler à deux.
Je suis inquiet et un peu triste.
Je veux être à la hauteur de ma sélection pour cette résidence.
Ceci dit, si j'avais eu un local prêt au Bamboo Curtain Studio, j'aurais sûrement pu avancer sur la danse.
Quoiqu'il en soit, demain, je me remets au solo de Sisyphe, je dois le danser dimanche.
À Zhuwei, je m'arrête chez monsieur Canard, il est là ce soir.
On sympathise un petit peu plus "where do you come from ?" "you're here for work?"
Ca me fait du bien de parler avec des gens de la vie de tous les jours.
Je rentre à la chambre le coeur un peu moins lourd.
Le temps de manger et je vais me coucher.
Danser me fait le plus grand bien .. mais m'épuise aussi.
On verra bien demain.




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