En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


lundi 17 septembre 2012

Bamboo Curtain Studio - Jour 5 - Sanda, la tempête tropicale



Le typhon qui va vers la Corée
Le ciel dans tous ces états
La vie continue


Réveillé à l'aube une nouvelle fois, je prends mon thé en regardant le ciel.
Ce matin, il m'offre un spectacle fabuleux.
Du sombre de l'aube,

le ciel s'est rosi pour laisser la place à un grand ciel bleu ensoleillé.


Bizarre, la météo annonçait de la pluie.
Malheureusement, la prévision n'était pas fausse.
(en même temps ici, ils ont plutôt intérêt)
Le typhon Sanda qui était annoncé ces jours ci était bien dans la région.

Il arrivait du Pacifique et remontait vers la Corée.


Dans le grand ciel bleu, de gros nuages blancs sont arrivés du nord.
Tellement vite que l'on a eu droit a un splendide arc-en-ciel.
Magnifique spectacle qui n'augurait rien de bon pour la suite.



8h30.
La pluie qui commence à tomber.
Le vent se lève.
La pluie s'intensifie.
Je me précipite pour aller filmer, pensant que comme dans le sud de la France, ça allait être de courte durée.
Je n'aurais pas dû.
Ce gros temps allait durer ...

Le temps de descendre à la cuisine avec l'imperméable
et je suis trempé jusqu'au nombril.
Je me prépare à rester enfermé toute la journée
avec mon thermos d'eau chaude, mes biscuits et mes sachets de thé.

En bon méditerranéen, je me demande ce qui va se passer.
Est-ce qu'on peut encore sortir ?
Est-ce que les gens vont travailler ?

J'entends au loin le bruit du métro.
La vie continue.

Je me remets à la musique dont la mélodie m'étais venu dans la tête la veille.
Je développe la chose avec le son de la pluie en arrière plan ..
Il y aurait sûrement quelque chose à faire avec ce thème.
Une sorte de huis clos, dans une maison avec une pluie battante dehors.
Je vais à la salle de bains et là, spectacle de désolation à l'entrée.
Nous avions laissé la porte ouverte, et mes chaussures étaient sur le seuil.
J'essore les chaussettes et je tente de sécher les chaussures. 



Je pense à "notre Sisyphe".
Ces dernières semaines, j'ai transmis un certain nombre de fois des éléments du solo et souvent, je les ai accélérés.
Ca vaudrait peut-être le coup de l'accélérer au moins dans sa partie centrale 

(celle où je suis debout).
Et pourquoi pas rendre la dernière partie encore plus rapide ?
À tester.
Chorégraphiquement .. et musicalement.
Il y a aussi cette traversée.
J'avais un moment pensé que ce serait une fin .. Mais finalement, cette phrase rapide, si proche de la transe que j'ai testé en stage me plaît vraiment.
Que faire ?
L'abandonner ?
La garder pour un autre projet ?
Je décide de faire confiance à la musique.
Le montage me donnera sûrement une solution.

Le vent et la pluie s'intensifient encore.
Ici, le vent ne chasse pas les nuages 

ou alors s'il le fait, c'est pour en amener d'autres …
On a la sensation qu'ils ne font qu'un.
C'est donc ça une tempête tropicale ?


La connexion wi fi est de plus en plus mauvaise.
Je me rapproche de l'ordinateur qui est dans le salon.
Mei arrive à la porte, 

comme je suis dans le noir elle ne me voit pas et tape à la porte.
Je lui fais peur en l'appelant ..
Elle m'amène un téléphone d'occasion comme elle me l'avait promis (cf.Jour 1)
Elle me dit que le téléphone se recharge dans les magasins de la marque, 

et qu'il y en a un près du snack de raviolis 
(il y a donc un snack de raviolis … à tester !)

Il est 17h.
La pluie ne s'est toujours pas arrêtée une seconde.

Comme je n'ai pas déjeuné, je décide d'aller à Zhuwei me ravitailler.
Si Mei était venue ce matin et que les métros marchaient, 

il n'y avait pas de raison qu'il m'arrive quoi que ce soit.

Ca m'a rappelé la Finlande où la première fois que la neige s'était remise à tomber, je m'étais posé les mêmes questions.
Et en regardant, les gens continuer à vivre comme si de rien n'était,

finalement je m'y étais mis.

Donc pantalon, chaussures, tee-shirt, sac à dos, imperméable par dessus .. 

et parapluie.

Je sors du Bamboo Curtain Studio, la pluie se calme un peu.
J'avais bien choisi.

Je me dirige vers la station.
Au programme :
- du canard (maintenant je savais que ça en était - cf.jour 4 - Ko Yin)
- des pâtisseries 

(j'avais vu une pâtisserie en rentrant du dîner avec Adam - cf. Jour 3)
- repérer la boutique de téléphone au cas où

La pluie redevient plus forte mais ma foi, ça n'est pas si désagréable.
Je trouve assez facilement la boutique de téléphone, et effectivement, juste à côté, je vois les raviolis ..
J'essaierais bien mais il y a trop de monde 

et je sens que ça ne va pas être si simple de me faire comprendre.
Je repars vers mon ami au canard, là je sais que ça devrait bien se passer.
En chemin, je tombe sur une autre pâtisserie.
Parfait.
Je prends ce qu'il faut pour les prochains petits déjeuners.

Je me rends compte que dans la rue, je suis quasiment le seul en pantalon.

Les gens ont gardé leurs sandales ou leurs tongues.
Ils sont en short ou en jupes avec un parapluie et ils ont raison.
Mes chaussures ont pris l'eau et je suis trempé jusqu'aux genoux.

Au snack au canard, le cuistot me reconnait.
(en même temps, il ne doit pas voir des noirs tous les jours)
On sympathise un peu, il me demande où j'habite si je mange beaucoup.
Je repars avec un quart de canard, des légumes et du riz.
Une sorte de poulet, frites, salade à la mode asiatique.
Avec une bière Gold Medal taïwanaise ça ira très bien.

21h.
La pluie ne s'est toujours pas arrêté.
Je décide de me coucher tôt au cas où il ferait meilleur demain 

(au pire des cas, si je suis réveillé dans la nuit, je bosserai).
J'ai sommeil mais le bruit de l'eau qui tombe de la gouttière directement sur le balcon en métal me gêne ..




Tant pis, ce sera avec les boules Quiès.

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