En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mercredi 10 octobre 2012

Bamboo Curtain Studio - Jour 15 - Le lendemain, jour presque "off"


Décompression ...
Tenter de faire le touriste
Le retour vers l'Europe à préparer




J'attaque la troisième et dernière semaine à Taipei, la cinquième sur l'île.
Ce genre de semaine où il faut ne pas trop penser à la fin mais plutôt à étirer le temps qui reste et en apprécier chaque petit instant.


Le temps est gris ce matin.
Dommage, j'aurais bien pris ma revanche sur les typhons en faisant un safari photo dans des parcs (et Dieu sait s'il y en a ici).

Le thé vert, quelques biscuits ...

Je mets en ligne mes quelques photos d'après présentation publique et je découvre celles de Yi Shu (je vous ai montré tout ça hier .
Avec Hsiao Yin, ils m'ont promis un DVD de photos, j'ai hâte de voir ça.

Je publie sur facebook un montage comme l'avait fait Ko Yin après son spectacle :
j'écris (enfin .. je copie et je colle !) merci en chinois sur l'affiche de promo qu'avait diffusé le Bamboo Curtain Studio.


Je devrais être dans cette excitation d'après spectacle qui a poussé Ko Yin à faire ce "merci" (qu'elle avait écrit en anglais sur sa photo) mais en fait, le sentiment n'est pas le même.
C'est vrai que, la pièce est loin d'être finie.
J'ai beaucoup avancé en terme d'idées, de structure, de musique.
J'ai de nouvelles pistes en terme de danse mais la pièce, elle, ne sera là que quand tout ça sera dans le corps des danseuses de la compagnie et du mien.
Et puis, il y a la tristesse de ne plus voir les danseurs du Dancecology.
Il me reste encore six jours, j'espère pouvoir en croiser un ou deux.

Je me fixe des objectifs pour la semaine :
avancer sur le blog (en manuscrit sur mon petit carnet avant de tout oublier, et publier au plus vite)
et surtout, préparer le retour ..

Dans une semaine, à cette heure là, je serai dans l'avion.
Et dans huit jours, j'aurai, si tout va bien, posé le pied sur le sol marseillais et, quelques heures plus tard, ce sera la rencontre avec mes premiers élèves de la saison 2012 2013.
Il faut créer des nouvelles musiques, des exercices ...

Mais avant tout ça, il faut "juste" que je puisse rentrer :
j'arrive à Amsterdam à 18h40, j'ai vu un train à 19h30 qui me permettrait d'arriver à Paris dans la soirée et de reprendre un TGV pour Marseille dans la matinée.
Seulement voilà, vu la passion qu'ont les agents de la police de l'air et des frontières pour mon passeport quand je rentre en Europe, il suffit que ça coince pour que je rate mon train ... Et si jamais mon sac n'arrivait pas, le temps que je fasse les formalités, ce serait raté aussi.
Je décide de ne pas prendre ce risque et de prendre une chambre à l'aéroport.
Je prendrai le premier Thalys du matin et enchaînerai avec le TGV pour Marseille.

Et donc là, problème.
Je me rends compte en tentant ma première transaction que ma carte est belle et bien bloquée ...
Comment réserver un hôtel et un billet de train ..
Sans carte bleue ?

Je laisse tout tomber.
Je réglerai ça ce soir.
Tard dans la nuit, c'est le début de soirée en Europe.
Je trouverai une solution ..

Il fait gris.
Que faire ?
Un musée ?
J'en fais déjà un vendredi avec Vincent (cf.hier).
Je trouve un restaurant de raviolis "réputé".
Ce sera ma sortie du soir.
D'ici là, les musiques de cours et les exercices des cours de rentrée.

Pas très off comme journée ...

Pour les musiques, ça n'est pas si facile.
Je me rends compte que je suis bien imprégné de mon environnement.
Il ne me vient que des choses avec des percussions ou à sonorité "extrême orientale" ..
Et puis surtout en boucle ..
Des ternaires, des ternaires, des valses, des itérations ..
Il faut que j'enlève la casquette de compositeur de Sisyphe pour ne rester que professeur et cette schizophrénie n'est pas si simple...

Je fouille dans mes dossiers pour voir les compositions que j'ai commencées,
je mets des choses en route,
je développe un peu,
je défais, je refais,
je ne finis rien.

En dessous, j'entends des enfants.
Ils viennent visiter des ateliers d'artistes.
Ils sont des écoles primaires environnantes ...
Quelle chance !

Le temps se lève, je vais peut-être pouvoir faire quelques photos.
Un "classique" coucher de soleil à Zhuwei.

17h.
Je quitte la chambre.
Je profite pour faire quelques clichés de l'exposition A.I.R. inaugurée samedi (cf. samedi)







Le même chemin.
La placette.

Un couple d'amoureux admire le spectacle.


La nuit commence à tomber.
D'autres couples arrivent.
Je m'éclipse.
Ce soir, je vais donc au restaurant à raviolis du centre ville.

Je prends le métro jusqu'à la gare puis prendre le bus, direction Dongmen.
Dans une semaine, il y aura le métro qui ira jusque là mais pour l'instant, une tripotée de lignes desservent l'endroit.
Je suis la foule.
Les gens montent par l'arrière.
Je fais pareil.

Mais comment payer ?

J'observe un peu.
En fait, les gens paient en descendant !
Comme pour un taxi.
Les bus ressemblent à ceux de Kaohsiung mais les gens disent moins merci.
(ceux qui ont suivi le blog l'an dernier, doivent se souvenir qu'à Kaohsiung, les passagers remercient le chauffeur en descendant du bus)

Me voilà donc au fameux restaurant dont j'ai oublié de noter le nom ...
Il ne paie pas de mine.



Comme c'était noté, il y a de "l'attente".
Mais ça se passe tranquillement.


Il faut dire qu'ici, on ne perd pas son temps, on vous donne déjà le menu (c'est ce que consulte le monsieur en bas à droite), et si l'attente est plus longue (et c'était le cas), on vous fait commander.
Je crois vous l'avoir déjà expliqué (mais pour ceux qui ne suivent pas tout, je le rappelle) :
ici, la plupart du temps, on remplit soit même, sa commande sur des carnets pré établis (c'est ce que fait le couple à droite ou le monsieur qui fume à gauche)

On vous appelle pour vous placer.
Je suis au dernier étage.
Au rez de chaussée à droite, une fenêtre donne sur un espace qui ressemble à un laboratoire.



C'est la cuisine.

À l'étage, des salles pas très grandes.
Vingt couverts tout au plus.
Mais beaucoup de personnel (comparé à ce qu'on verrait en Europe)
Outre celle qui vous place,
il y a celle qui amène la boisson (eau, soda, bière),
celle qui amène le bon de commande où l'on peut vérifier que tout y est (quand c'est anglais ..),
celle qui sert le thé (à volonté dans ce restaurant),
celle qui sert les plats,
et celle qui débarrasse.
Du coup, les tables qui ne sont pas très grandes, ne sont jamais trop remplies)
Elles ont sur leur badge, le drapeau de la langue étrangère qu'elles parlent (japonais, coréen, anglais).
Je dis "elles" car je n'ai vu que des filles à mon étage.

L'ambiance est simple mais on sent quand même un côté plus chic qu'il n'y aurait pas chez "monsieur canard".
Il y a plus de blancs aussi.
Et c'est plus cher ...


J'ai pris des raviolis vapeur, de pousses de soja façon Shanghai, des épinards d'eau (cousins des européens, très courants ici), du riz sauté au porc et aux crevettes (qui n'est pas sur la photo) et de la bière.
Pas de dessert.
Je n'ai plus faim.

Je repars au Bamboo Curtain Studio.
Il est 22h30.
Dans le métro, à côté de moi, un lycéen révise ses leçons, debout
...
J'ai le début de la barre qui me vient à l'esprit, je la note avant de l'oublier.
Je la ferai sur la route en sortant du métro.
Retour à la chambre.
Je vais sur facebook discuter un peu avec tout le monde.
Les européens, les taïwanais.

Chun Yuan est en ligne.
Il propose de se voir mercredi.
Visite de l'université, déjeuner (évidemment !)
Je dois aussi aller voir Chien Chih répéter (cf. jour 11) mais tout doit bien pouvoir rentrer dans une journée !
J'accepte.

Côté banque,
je trouve une solution pour la chambre d'hôtel et le train ...
Merci maman ...
Je ne souhaite à personne de se retrouver sans carte de crédit à l'étranger.

Le vent se lève.
J'espère que ça n'est pas un nouveau typhon qui s'annonce.
Il ne me reste que quatre jours et demi ici ..

Si peu ..

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