En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mercredi 17 octobre 2012

Bamboo Curtain Studio - Jour 20 (1) - Taipei, au dernier jour


Rituels de rangement,
effacer ses traces,
dire au revoir



Après cette soirée mitigée, il s'agit de ne pas louper cette dernière journée à Taipei.

Levé à l'heure habituelle, et après le thé, j'attaque ce que je redoute le plus, le rangement des sacs.
D'abord, trier les affaires propres, de celles moins propres mais encore mettables, de celles qui iront directement à la machine en rentrant.
Puis, vérifier les papiers.
Le passeport.
La carte bleue (bien qu'inutile maintenant mais bon ..)
Le carnet de vaccination (qui ne m'a, jusqu'ici, pas trop servi non plus)
Et toutes ces petites choses amassées pendant le voyage, autant de souvenirs de soirées passées, de gens rencontrés,
des bouts de papier qui vont aller grossir le flot déjà conséquent de choses que j'entasse dans mon appartement bien trop petit pour tout ça.
Si j'arrive à me débarrasser d'un petit mot d'Anna à Vilnius (qui avait laissé à une serveuse d'un bar un message disant de ne pas m'attendre pour déjeuner ... alors que je ne l'attendais jamais pour déjeuner !), je me sens obligé de garder le numéro de téléphone de Pasulange Druluan, le sculpteur aborigène .. Il l'avait griffoné sur un bout de paquet de cigarette le vendredi précédent (cf. vendredi) en me disant de l'appeler si je reviens à Taiwan pour que j'aille visiter son atelier.
Pas sûr que je l'appelle, d'autant qu'il parle très peu anglais, que l'on avait surtout communiqué par gestes et qu'à mon avis il m'aura oublié bien vite ...
Il y a aussi les programmes des spectacles, les petits questionnaires que l'on donne au public
(s'ils sont en chinois, mais bon .. je peux le montrer aux amis en rentrant ...)
Et puis, il y a les sachets.
Les sachets plastique .. je jette.
Mais les jolis pochettes en papier ou en carton des boutiques où je suis passé ..
En les pliant bien, elles doivent rentrer dans mon sac.



Les quatre sacs sont remplis :
le "célèbre" sac à dos kaki de l'armée que j'ai acheté en Italie il y a ... euh .. dans mes premiers voyages
le gros 90 litres qui part en soute avec toutes les fringues et toutes ces petites choses considérées comme des armes dans les avions (comme les coupe-ongles par exemple !)
le porte-document Moleskine noir acheté à Taipei l'an dernier qui est devenu mon porte ordinateur.
Il ira d'abord dans le 90 litres jusqu'à l'aéroport et là, je le sortirai ...
le petit sac noir offert par Sylvain Roume, il y a deux ans pour anniversaire où se loge l'appareil photo et les choses vitales (passeport, etc ..)



Le temps se découvre ..
Partir sous le soleil, ça va être beaucoup moins facile .. quoique ..

Étape suivante, effacer les traces de mon passage au Bamboo Curtain Studio.

Je descends à la cuisine pour vider la partie du frigo qui m'était attribuée.
Je croise l'artiste arrivé dimanche dernier.
La secrétaire l'avait emmené à la présentation publique.
Il est aussi perdu que moi la première semaine.
J'aimerais avoir le temps de le rassurer ..
Comme Adam part demain, espérons juste que l'équipe de la résidence soit un peu plus présente ..
Heureusement que j'ai décidé de faire ce stage et que j'ai rencontré toute l'équipe de Dancecology, sinon je me serais senti seul bien souvent.
Mais je crois qu'il parle chinois, ce sera moins difficile pour lui.



J'enlève le tabouret qui a bloqué la porte du balcon pendant ces trois semaines.
Je remercie sur facebook tous mes nouveaux amis.
Hsiao-Yin, la chorégraphe de Dancecology qui mène le groupe avec douceur, bonne humeur et détermination.
Chun-Liang, la "rock n' roll" du groupe, celle que tout le monde appelait quand ils ne savaient pas comment dire un mot en anglais
Chun-Yuan, le futur prof de sport tellement curieux de tout qui danse si bien.
Alicia, l'institutrice bilingue danseuse de claquettes, arrivée trop tard dans cette histoire.
Mister Pong, dont la sensibilité déborde de ses lunettes.
Mister yellow glasses sweet potatoes, le scientifique qui s'est découvert une âme de danseur (oui il a un double surnom : la première partie c'est ma façon de l'appeler, l'autre c'est son surnom ici) .
Les belles Yi Chin et Itchi (vous imaginez comme j'ai pu mélanger ces deux noms)
Vincent, le bouddha malicieux, toujours armé de son iphone et de Google translator ...
Ko Yin, la "rescapée" du groupe de l'an dernier, qui m'a "sorti" à Taipei les premiers jours (cf. Ko-Yin danse)
et tous les autres dont je ne connais pas toujours le nom .. Comme monsieur Canard par exemple.

J'écrase une larme, puis deux, puis je laisse passer le flot .
.

Au moment de quitter facebook, je reçois un message de Chun Yuan.
On discute un peu.
Il part pour le week-end un peu plus au sud pour faire des barbecues et lancer des feux d'artifices pour la fête de la lune d'automne.
Il me demande si je vais faire pareil.
Je vais au sud aussi.
Plus loin.
Mais pour prendre un avion ...
Il doit partir, moi aussi.
Avant de couper il m'envoie un lien vers une chanson.
J'écoute.
Au bout de dix secondes, j'ai du mal à voir l'écran ..
Je lui dis que la chanson n'est pas très gaie.
"maybe just keep it while you feel sad and then listen it:)"
Toujours cette façon de commencer les phrases par "maybe" .
On ne force pas, c'est un conseil.
Je l'écouterai plus tard.

J'éteins l'ordinateur, le range dans le porte documents qui va dans le grand sac.
Il me reste quelques petites choses à ranger :

mes deux casquettes (celle offerte par Vincent (cf. 
vendredi) et celle achetée en Lituanie), le stylo que j'ai utilisé pour écrire les articles du blog, le thé de secours en sachets, le DVD du Cloud Gate (cf. mercredi), la planche à découper et le couteau à fromage offerts par les stagiaires lituaniens (j'ai mangé le fromage qui allait avec), les bijoux de mes derniers voyages (Finlande, Corse, Lituanie), les billets de train et d'avion, les clés de la voiture et celles de la maison.

Je m'étais donc couché tôt pour voir le soleil se lever …
Hélas, mauvais calcul (mon sens de l'orientation fout le camp), l'est n'est pas du temps vers Gandu mais .. derrière le Bambou Curtain Studio.

En route.
D'abord, le petit sac, celui de l'appareil photo,
puis le gros,
et enfin le sac kaki sur mon ventre.

Un dernier coup d'oeil à la chambre.



Au salon.


Adam dort encore.
Il a dû se coucher .. ce matin ..



Je traverse une dernière fois la cour avec le grand arbre.


La seconde cour où était mon studio..


Je jette un dernier coup d'oeil à la liste des artistes en résidence, dont je fais dorénavant partie.


Je passe l'entrée.
Dieu que c'est dur.
Je longe mon studio repeint par Michael,



passe devant les miroirs et l'oeuvre éphémère d'un des jeunes artistes.


En route pour Zhuwei.
Pourvu que ma jambe et mon dos tiennent le coup.

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