Je ne sais plus.
Elle devait être au lycée, elle avait les cheveux très longs et habitait encore Rousset.
C'était dans une école de danse classique où j'avais été embauché pour apprendre aux élèves à danser autrement.
Elle, ça n'était pas une danseuse classique.
Elle avait pris des cours ailleurs.
Dans ses yeux, on lisait l'envie d'apprendre, la découverte, le plaisir de danser.
Son corps était imparfait pour le "métier", comme le mien, comme beaucoup d'entre nous.
C'est ce qui la rendait encore plus attachante.
Quand j'ai créé la compagnie, j'ai proposé à trois danseuses de cette école de travailler avec nous : la petite Audrey Lievremont qui allait finir finaliste au concours international de Lausanne et entrer dans la foulée à Rudra, le centre de formation du Béjart Ballet, Sophie Rozier dont je vous ai déjà parlé (pour savoir où, cherchez Sophie dans la colonne de gauche et vous en saurez plus) et Laurence Ramirez qui a fait un petit bout de chemin avec nous.
J'avais commencé ma première pièce "1904" et je me lançais dans une version longue pour laquelle il me fallait la remplacer.
La passion d'Élise avait grandi, son talent aussi, je lui ai demandé de nous rejoindre pour cette première grande pièce en 2001.
Depuis, elle a passé son diplôme d'état de professeur de danse jazz, elle est aussi allée prendre l'air en Amérique du Sud.
Elle a quitté ses parents, s'est essayée à plein de choses mais ne m'a jamais quittée.
Élise, c'est ce genre de personne à qui peu de gens résiste.
quelques minutes après, nous traversions les champs accueillis par un large sourire..
Élise seule à une terrasse ? Pas plus de deux minutes.
Un musicien, un réalisateur, un autre artiste travaille avec nous ? Il me demande qui est cette fille.
Comme Marie, elle fait partie de ces danseurs que j'ai la chance de voir grandir.
Cette adolescente est devenue une femme, une mère d'une très belle petite fille.
Elle fait de la moto, du yoga, danse aussi dans des cabarets, prend des cours de flamenco, s'intéresse à tout et surtout, danse avec nous, avec un sourire constant.
C'est avec elle que c'est allé le plus vite. L'habitude de travailler avec moi probablement.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire