J'ouvre les yeux et Fred est déjà réveillé.
La maisonnée est encore endormie.
Je vais dans la cuisine préparer mon premier thé.
Je profite de ce calme pour écrire l'article du blog,
il faudra que je tente ça tous les jours.
Pendant que je savoure ma première tasse (j'ai bien fait d'emmener le thé de la maison), j'entend Fred qui va à la salle de bains.
C'est toujours étonnant les réveils en communauté.
Surtout quand on ne se connaît pas encore de ce point de vue là.
Différents rythmes.
Les speeds dès le matin,
les bavards,
les plus calmes,
les carrément lents au démarrage (dont je fais partie),
ceux qui déjeunent beaucoup,
ceux qui ne mangent pas.
Le temps que tout le monde mange (ou pas), passe par la salle de bains et prépare ses affaires, nous sommes juste prêts à 9h30 pour aller au centre.
À 10h, il y a le cours ouvert aux stagiaires présents cette semaine de vacances à Pôle Pik, nous ne commencerons le travail compagnie que vers 11h.
Sylvain reste à la maison jusque là.
Ca tombe bien car nous ne rentrerions pas tous dans la voiture,
ma 107 ne dispose que de 5 petites places.
Cela permet à Fred de travailler avec Jean-Michel dans le grand studio.
Pour moi, c'est du luxe de disposer d'autant d'espace juste pour nous .
Les stagiaires sont constitués de deux groupes quasi distincts.
Il y a les quatre garçons, tous danseurs hip hop.
Ils arrivent dans le studio en baskets et restent au fond du studio en groupe, intimidés.
Le plus jeune, affublé d'une coiffure à la Justin Bieber première période, est très souple et s'en sort très bien .. sans même vraiment s'en rendre compte.
Dans les trois autres, un seul est un peu récalcitrant, mais les deux autres le tirent dans la bonne direction.
Ils font toute la barre, découvrent des choses, souffrent et rigolent avec nous.
Les filles ont des cursus pluridisciplinaires (conservatoires régionaux ou nationaux du coin, contemporain, jazz et hip hop).
Mêlés à la compagnie, on a tous les physiques, toutes les couleurs de peau, trois classes d'âges.
C'est beau.
Je finis l'heure de partage un peu frustré de ne pas avoir pu aller plus loin avec eux.
J'aurais aimé leur transmettre plus de choses qui pourraient leur être utile dans leur vie de danseur (et leur vie tout court) et aussi leur montrer plus de mon univers.
Une autre fois peut-être.
De toute façon, ils viendront à la présentation publique du lendemain.
C'est déjà ça.
Nous retournons au grand studio.
Fred et Jean Michel finissent leurs réglages, nous allons pouvoir continuer le boulot de la veille.
Sylvain est là aussi.
De son côté, il doit résoudre le problème de la captation vidéo.
Comme on a cambriolé son bureau, il n'a plus de caméra.
La location est chère, on fera ce qu'on pourra avec mon appareil photo.
Je m'en sers souvent (ceux qui suivent le blog l'ont vu) pour garder en archives les boulots de répétition mais dans la boîte noire des théâtres, avec si peu de lumière, le résultat est souvent de moins bonne qualité.
Côté danse, le trio fonctionne bien mais il y a encore des soucis d'ensemble.
Comme j'ai imposé des comptes, donc décidé du rythme de cette partie, il faut que les filles mettent de côté leur propre manière de faire pour se mettre au service de ce que je demande et ça n'est pas toujours facile.
C'est encore plus flagrant dans le quatuor, où je leur demande d'être ensemble, à l'écoute (donc sans comptes).
La transmission se fait rapidement, les idées arrivent vite mais nous prenons beaucoup de temps pour trouver cette pâte commune.
On règle aussi l'entrée des filles qui se fait pendant le duo.
L'espace ne va pas être facile à gérer à cinq, mais il faudra bien qu'on s'habitue.
Je fixe les moments d'entrée, les façons de le faire,
Magali entre entre Marie et moi.
Sophie un peu plus tard, à l'avant-scène du même côté, sur un autre moment de marche du duo.
Élise entre la dernière en emboîtant le pas de Marie dans le remontée avant le duo proprement dit.
Pour les places, je pense que cela bougera encore demain avec l'arrivée de Marie quand nous danserons le duo.
Déjà quand je le danse seul, il y a des choses qui sont difficiles à danser.
On verra bien..
Là aussi, on prend beaucoup de temps pour régler les ensembles, il n'y a pas pourtant que deux phrases mises en boucle et elles ne sont que trois mais elles ont du mal avec les comptes.
Patience.
Après avoir envisagé un moment de devoir acheter une carte mémoire plus grande, vue la durée de la chorégraphie qui est prête et l'obligation d'utiliser la meilleure définition possible pour capter un maximum de lumière, Fred nous propose d'utiliser son appareil photo qui est bien meilleur que le mien.
Il a une carte mémoire suffisante.
En revanche, son appareil est conçu de telle manière qu'il s'arrête au bout d'environ 8 minutes en mode vidéo.
Cela nécessitera de faire des films plus courts.
Heureusement, que - Sisyphe oblige - je commence toujours de la même manière au même moment à chaque nouvelle séquence.
La pause sera possible à ce moment là.
Nous finissons vers 17h30 comme la veille.
Marie Laure nous attend dehors.
Elle doit aller récupérer ses enfants à 18h.
On se dépêche.
Je lui dis de venir nous dire quand c'est l'heure, les prochains jours.
Je n'aime pas déranger comme ça.
Retour à la maison des arts.
Sylvain et Élise décident de rentrer à pied, ce qui m'évite de faire deux voyages.
Quelques courses rapides au supermarché,
le dîner.
Élise fait des photos avec l'appareil de Fred.
Je m'endors sur le sofa ...
Elle est arrivée à Lyon.
Elle dort dans sa belle famille et sera là demain matin,
avec nous,
l'équipe sera enfin réunie.
23h,
extinction des feux.
Demain, c'est le grand jour.





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