Le genre d'insomnie où on est encore trop fatigué pour se lever et faire quoi que ce soit.
Du coup, le réveil (le vrai) est tardif et très brumeux malgré le beau temps dehors.
Je suis dans le salon à peu près en même temps que les autres.
Ce matin, c'est Sophie et Sylvain qui préparent leurs affaires.
C'est à leur tour de nous quitter ce soir.
Nous partirons … quand nous serons prêts ..
Sylvain a plein d'idées pour le travail de l'image.
C'est génial.
Sauf que ce matin mon cerveau n'est pas assez vif pour tout suivre.
Je crois comprendre globalement les choses.
On en reparlera de toute façon.
Avant d'aller répéter, on regarde les premiers rushes de la veille.
Fred les a téléchargés cette nuit.
C'est prometteur.
Nous arrivons à Pôle Pik à 11h.
On se met sur le quintette.
Il y a encore ce petit moment à la fin du quatuor à finir, celui que l'on a commencé à travailler mais que je n'ai pas voulu montrer à la présentation publique
et aussi les 8x6 temps qui sont juste après et qui amènent à la première danse d'ensemble mais je n'ai pas vraiment d'idées et puis je préfère avoir les trois filles pour ça.
Au début du quintette, il y a le solo de Magali qui est très dynamique
(cf. l'article sur Magali)
Il faut créer des contrepoints.
Comme en fin de quatuor, Elise et Sophie se retrouvent côte à côte, je pars de cette situation pour développer un unisson lent et "épais" comme je les aime.
Première étape, finir le solo "à ma façon" d'Élise.
C'est là que le "côte à côte arrive".
On avait déjà travaillé cette danse pendant l'hiver
On l'avait même filmé mais la vidéo a disparu avec mon disque dur endommagé.
Je lui propose d'inventer autre chose.
La résidence est là pour ça.
D'autant que maintenant qu'elle sait tout ce qui se passe avant, cela va peut-être déclencher autre chose …
Pendant qu'elle travaille seule, Sophie peaufine sa deuxième partie de solo.
On en revient donc au duo qui démarrent quand elles sont assises côte à côte.
Pour le matériau, j'imagine une petite transition qui permet de revenir debout
Puis je reprends la danse d'ensemble mais dans une troisième variation beaucoup plus lente.
Le hasard (si le hasard existe) a fait que Fred a laissé le couloir qu'il a dessiné pendant mon solo, les filles démarrent leur remontée en n'était ni vraiment dehors ni vraiment dedans.
Je décide de travailler sur la limite.
Une à l'extérieur, une à l'intérieur.
Elles remontent comme ça jusqu'à cour, presqu'à mon point de départ.
De là-haut, je leur demande d'inventer des "dégoulinages", une séquence qui se commence par une forme toute en lignes et qui fond jusqu'au cambré, à la torsion, ou toute autre forme de la colonne vertébrale qui ne soit pas la position naturelle avec des bras repliés sur soi.
Je leur montre ma version et elle crée trois variantes personnelles.
Avec tout ça, on arrive à la fin du solo de Magali.
L'ambiance est détendue.
Une réelle écoute s'est installée entre les deux danseuses.
Même si elles ne dansent pas forcément au rythme que je veux ou si elles ne démarrent pas quand je l'aurais voulu, elles ont la volonté de danser ensemble.
On n'en est pas encore à ce que je veux mais tout le monde est dans la même direction, et c'est bien agréable.
Après les "dégoulinages", on travaille sur une boucle (que Magali fait déjà), un mouvement qui va en s'agrandissant jusqu'à une sorte d'explosion qui se résout en ramenant les corps .. au point de départ.
Cette boucle est faite quatre fois.
Elles travaillent, seules, puis ensemble.
Je les aide à débloquer certaines situations corporelles.
Je les oriente vers ce que je veux.
Le travail est paisible, concentré.
Elles font et refont, jusqu'à ce que la fatigue les gagne.
On s'arrête.
Ce soir c'est Jean-Michel qui attend que nous ayons fini.
Ils sont vraiment sympas ici.
Nous partons pour la gare.
Sophie part la première.
On s'amuse à parier sur la voie sur laquelle le train va arriver.
Ils l'annoncent toujours un peu trop tard à mon goût.
Élise et moi réussissons à passer avec elle dans la cohue des valises à roulettes et des gens pressés.
On reste jusqu'à ce que son train arrive.
On se dit au revoir.
Elle a les yeux humides.
On souhaite se revoir très vite.
Ce sera dans dix jours,
et c'est très bien.
Une bière (ou deux ?) plus tard, c'est au tour de Sylvain.
Nous l'accompagnons aussi sur le quai.
Lui, nous ne le reverrons pas tout de suite.
Paris n'est pas si proche.
Et c'est bien dommage.
Les prochaines conversations se feront par téléphone ou Internet.
C'est mieux que rien mais ça n'est pas pareil.
On finit les pâtes achetées le premier jour.
On parle de tout et de rien,
de Sisyphe, d'art, de la vie.
On se partage un Crozes Hermitage blanc.
On rit beaucoup.
J'ai reçu les photos de Gilles Aguilar
(j'en ai mis quelques unes hier quand je parlais de la présentation publique)
Elles sont vraiment magnifiques.
On a bien fait de partager le champagne avec lui (c'est d'ailleurs ce que je lui dit en le remerciant et le félicitant pour la qualité de son travail).
On les regarde ensemble dans la chambre de Sylvain où je dormirai ce soir
Chacun aura sa chambre …
On regarde un épisode de mon feuilleton préféré : "le coeur a ses raisons"
On rit encore
et on se dit bonne nuit.
Dernière nuit.
Pas si agréable que ça ...






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire