En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


dimanche 24 novembre 2013

août 2013 (7) - le dernier week-end à Kaohsiung


Week-end improvisé
Une nouvelle école 
De nouveaux projets, de nouveaux amis



Nous voilà donc le 31 août.
Le lendemain de la rentrée des classes ici.
J'avais laissé mes danseurs de Tsoying retourner à leurs études :
ils passaient du régime stage intensif (un cours d'anglais + trois cours de danse par jour) à celui de lycéen classique (quatre ou cinq cours "académiques" le matin + deux ou trois cours de danse l'après midi par jour)

Au départ, du moins dans mon esprit, je devais quitter l'hôtel le vendredi ou le samedi matin et monter à Taipei où je pouvais profiter de deux jours de repos avant d'attaquer les répétitions le dimanche avec la compagnie Dancecology dans laquelle j'étais danseur invité tout le mois de septembre.
Mais il semble que le printemps dernier j'ai prévu le pire, à savoir un travail non stop tout le mois d'août y compris les week-ends,
Du coup, j'avais demandé à Hsiao-Yin la chorégraphe, de n'attaquer les répétitions que le lundi.
Honnêtement, je ne me souviens plus trop mais quand elle m'a dit qu'elle ne m'attendait pas pour la répétition, j'ai été bien étonné.

J'ai dans un premier temps envisagé de faire un peu de tourisme comme le week-end précédent, mais Rey Kong le typhon et le régime dépressionnaire qui a suivi a calmé mes ardeurs : il pleuvait sur toute l'île.




Je décidai de rester à Kaohsiung le samedi et de prendre le TGV le dimanche.
Ici, les trains ne sont jamais complets, il y en a toutes les demi heures et les tarifs ne bougent plus à partir de 30 jours avant le départ (les deux mois précédents ils sont un peu moins chers).
Je pouvais donc acheter un billet à tout moment.

Les taïwanais ont décidé pour moi.
Le vendredi soir, j'ai assisté à Tsoying, à la présentation publique de la chorégraphie de Hsin Yiu (Lucas ! vous vous souvenez ? non ? alors .. colonne de gauche ..), c'est lui qui est en charge des garçons qui sont sept cette année.
C'est un mélange de hip hop et de danse traditionnelle chinoise, rien à voir avec mes "soldats du vent".




Avec Su Ling (pour ceux qui n'ont toujours pas suivi c'est la directrice) ils m'ont invité au restaurant.
Nous avons parlé de l'été prochain: il y a un congrès de l'UNESCO en France et l'école va poser sa candidature pour montrer son travail.
Comme le congrès se déroulera à Angers, Su Ling envisage de faire visiter Paris aux gamins.
Nous reparlons de Marseille et d'un hypothétique passage à la Viste.
La veille après ma présentation publique, nous avons fixé toutes les zones d'ombre à éclaircir - et elles sont nombreuses - pour envisager un échange.
Comme les mails français ont été bien flous, elle m'a chargé de prendre rendez vous avec l'équipe pour tenter une dernière fois quelque chose ….
Comme de toute manière je dois les voir pour Sisyphe en décembre, ce sera l'occasion de tout régler.

Ce même vendredi soir, je reçois sur mon portable …
Ah tiens! je ne vous ai pas dit que j'avais investi dans une carte SIM taïwanaise !
Ma copine Silvia Le Lan m'a prêté un téléphone portable sans fournisseur (contrairement à la plupart des téléphones français qui sont tous bloqués sur le fournisseur d'achat hélas)
J'avais demandé à mes hôtes de me trouver un abonnement comme je l'avais eu l'an dernier quand j'étais en résidence à Taipei.
Un jeu d'enfants pour eux, sauf qu'ils m'avaient pris une carte avec Internet 3G ce que le téléphone de ma copine ne supportait pas.
Heureusement, Hsin Yiu avait le téléphone "des invités".
Il l'avait prêté en juillet à un de ses collègues danseurs qui avait participé comme lui au YICP, ce projet qui m'avait fait découvrir Taiwan en 2011 (ah ben oui, il faut suivre hein ..)
Le portable des "invités" était donc disponible.
J'en héritai pour tout le séjour.

Donc sur mon portable, j'avais reçu un message de Cheng Wei, mon assistant de Lingya.
Pour le samedi, il me proposait de donner deux cours dans une école de Kaohsiung où il travaille aussi.
On dînerait avec la directrice le soir.

Le programme de ces derniers jours de repos s'était construit à l'insu de mon plein gré : vendredi à Tsoying, samedi à la Kaohsiung Choreography collection, il me restait dimanche matin pour me promener un peu, faire mes affaires et rejoindre Taipei.

On est samedi midi, Cheng Wei vient me chercher à l'hôtel.
On va à l'école en taxi à cause de la pluie.
Je râle, je lui dis qu'on aurait pu prendre le bus (je sais déjà que je ne vais pas pouvoir payer le taxi).
On arrive à l'école, situé au dessus d'un garage, un peu comme celle de Claudine Andréo à Grasse (pour ceux qui connaissent Choréia) .
Les élèves m'accueillent avec un timide "hello", certains ont appris "bonjour".
La directrice a gardé un excellent souvenir de ses vacances en France.

Le lieu fourmille d'adolescents et de jeunes adultes qui naviguent entre les trois studios.
Il y a un cours d'acrobatie en cours et un cours de danse traditionnelle chinoise.

Je dois donner deux cours d'un peu plus de 2h.
Je me sens fatigué, pas très créatif.
J'ai les cours que j'ai donnés à Tsoying et Lingya mais j'ai envie de leur proposer autre chose (d'autant qu'il y a des ados que j'ai eus à Lingya, je voudrais que ceux-là découvrent autre chose de moi et que ceux que je ne connais pas encore ne se sentent pas "en retard" par rapport aux autres).
Entre les deux cours, ils me montrent une chorégraphie de danse traditionnelle.
Ils veulent mon avis.
Je ne sais pas vraiment quoi dire à part parler de la qualité de l'exécution.
C'est tellement loin de mon univers …




Après le second cours où les élèves sont plus jeunes mais le niveau plus haut, je suis vidé.
Ming Chen me propose des biscuits secs, des gâteaux, du lait de soja ..
Je ne peux pas refuser.
Mais je mange le moins possible car on va au resto juste après.




Il pleut toujours quand on sort du studio, cinq heures après y être arrivés.

Ce soir ce sera un restaurant mexicain.
Bizarre.
Des tacos à Taiwan.

On mange, on boit, on rit.
Beaucoup.
On se raconte nos vies.

Je leur explique comment je viens.
Le billet d'avion qui est le plus souvent à ma charge.
Ming Chen m'invite à revenir l'an prochain plus longtemps.
Je suis flatté mais je lui explique que Tsoying a ma priorité : si je suis là, c'est bien grâce à sa directrice …
J'essaierai de tout caser ..
On parle encore.
Du Japon, où elle a fait ses études et rencontré son mari.
De son voyage en France, de la côte d'Azur …
On imagine un projet qui mêlerait amateurs et professionnels …
L'occasion de pouvoir montrer enfin ce que fait c2a.




Après la photo de circonstance, ils me ramènent à l'hôtel.
On se quitte comme de vieux amis.
L'alcool a détendu l'atmosphère.

Une dernière soirée imprévue
mais bien agréable.

Décidément, je ne suis toujours pas au bout de mes surprises sur cette île ...




Le dimanche,le soleil est revenu.
Je laisse mes bagages à la consigne de l'hôtel et je vais faire un dernier tour à Sizhiwan,
voir le port et la plage.
Une dernière fois.

Et puis,
Taipei,
une nouvelle aventure d'impose.


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