En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mardi 26 novembre 2013

septembre 2013 (1) - retour à Taipei


Retrouver des amis
Danser à nouveau pour quelqu'un d'autre
Vivre à Taipei, comme les autres



Pour en finir une bonne fois pour toutes avec mon séjour taïwanais de cette fin d'été, il me reste à vous raconter mon mois à Taipei.
Ceux qui ont suivi l'aventure depuis le début (et je les félicite) savent qu'il y a un an, j'ai obtenu une résidence au Bamboo Curtain Studio à Taipei pour y travailler "notre Sisyphe".
Ceux qui ont raté cette partie de l'histoire et ont envie de tout savoir, peuvent tout retrouver à partir de cet article-ci : Bamboo curtain studio Jour 1

Comme souvent quand on est en résidence, on m'avait demandé de faire quelque chose en échange.
En ce qui me concerne, j'avais proposé de faire travailler un groupe de danseurs sur le matériel de "notre Sisyphe" et de faire une présentation publique conjointe de mes travaux et de ce qu'ils auraient fait.
Chia-Mei, ma principale interlocutrice, m'avait proposé de contacter la Taipei National University of Arts, la T.N.U.A. , par où passe une grande partie des futurs professionnels de la danse du pays (à ne pas confondre avec la N.T.U.A. , la National Taiwan University of Arts, par où passe .. l'autre partie)
mais ça n'avait pas été possible d'organiser quelque chose avec eux.
Elle avait alors contacté Hsiao-Yin Peng, une chorégraphe (issue de la TNUA !) qui dirige le groupe Dancecology et c'est avec eux que j'avais travaillé.




J'avais quitté Hsiao-Yin en lui promettant que nous collaborerions ensemble un jour (cf. Hsiao-Yin), un peu comme avec Su Ling de Kaohsiung en 2011 ...
Et comme pour Su Ling, les choses sont allées bien plus vite que je ne l'imaginais :
quand j'ai annoncé sur facebook que je retournais à Taiwan, Hsiao-Yin m'a contacté et m'a proposé de rester un mois de plus pour danser dans sa création.
Je serais hébergé au dessus de leur appartement, dans un local sous les toits qui leur sert d'entrepôt et de studio photo.

Me retrouver danseur pour une chorégraphe quinze plus jeune que moi ...
Et pourtant je n'ai pas réfléchi bien longtemps avant de dire oui.

À la fin de mon dernier week-end à Kaohsiung (cf. dernier week-end à Kaohsiung ), je suis donc monté à Taipei par un des derniers trains du High Speed Train (le TGV local).
J'ai passé l'heure et demie de voyage à flipper :
J'allais me retrouver à danser au service d'une des mes stagiaires, avec comme collègues des gens que j'avais fait danser l'année précédente, à un âge où à l'Opéra de Paris, les danseurs prennent leur retraite.
Il allait falloir dissiper ces angoisses pour pouvoir bosser tranquillement.




Je suis arrivé à Taipei vers 22h dans une gare déserte.
Et tellement propre ..
Je m'engouffre dans le métro.
Comme j'avais gardé ma carte de l'an dernier, je vais directement au portillon.
Mais ma carte est vide.
Aïe
Retour à la case distributeur.
Bien que les instructions soient dites en anglais, je m'embrouille dans ce qu'il faut faire.
Une fille qui sort du métro vient spontanément m'aider.
22h15.
Quelqu'un m'aide à recharger ma carte de métro ...
On n'est loin de l'Europe ...

Cette fois-ci, je passe le portillon, je prends la direction de Xindian, mais il fallait que je change à Guting.
Raté.
Je fais demi-tour et arrive avec un peu de retard à Dingxi, la station où m'attend Hsiao-Yin, avec son frère Chi-Fu et Fu-Long, un des danseurs de la compagnie que je ne connaissais pas encore.
Me voilà à la sortie du métro avec mon légendaire sac à dos kaki et mon gros sac à roulettes.
Le hic, c'est qu'ils sont en scooter ...

Hsiao-Yin tente de le caler entre ses jambes, ça ne passe pas.
Le temps de prendre le temps de réfléchir, mon sac est déjà sur le dos de Chi-Fu qui monte derrière Fu Long et disparaît.

J'arrive dans le studio après mon sac.
L'accueil, c'est vraiment fondamental ici.

J'ai vécu sous les toits au quatrième étage d'un immeuble modeste dans un des quartiers les plus denses de la ville.




En fait, je ne suis plus à Taipei, mais à New Taipei, comme l'an dernier.
Taipei est cerné de rivières au nord, à l'ouest et au sud.
Dès qu'on passe un pont, on est à New Taipei.
L'an dernier j'étais au nord après la Keelung River, cette année je suis au sud après la Xindian River.

Ici, la plupart des ripisylves sont aménagées.
Il y a des pistes cyclables, des parcs.
L'an dernier, j'avais passé de beaux débuts de soirée à regarder le soleil se coucher sur Zhuwei.




Cette année, comme j'étais souvent en répét' à l'heure du coucher de soleil, je l'ai regardé se lever sur la Xindian River.



Ici, comme à Chencing deux ans plus tôt, j'ai croisé, à 6h du matin, des adeptes du taichi, du jogging, du vélo, de la gymnastique ..
Il y a par exemple, ce vieux monsieur qui tous les matins venait à vélo, et courait autour d'un arbre, l'arbre où je m'installais pour regarder le soleil.




Je n'ai pas eu beaucoup de temps libre ce mois de septembre.
Ces balades matinales furent mon petit plaisir.




J'ai quand même réussi à m'échapper un samedi après midi à Keelung avec mon ami Vincent, et puis, il y a eu la surprise du dernier jour .. dont je vous parlerai très bientôt ...

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