En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


vendredi 18 mai 2012

Valérie …


Échange d'expériences
Le travail de l'un 
à travers le regard de l'autre




Valérie Gho est une artiste plasticienne.
Nous nous sommes croisés quand nous étions au lycée.
Nous avions des amis communs.
À l'époque elle faisait des études de lettres et moi je passais un bac technique en bâtiment et génie civil.
Depuis les choses ont bien changé.
Si j'ai poursuivi des études techniques encore cinq ans (en fait, je suis urbaniste !)
Elle a tout de suite pris la direction des Beaux-Arts.

Nous nous étions perdus et grâce à facebook (et oui ... encore une fois les réseaux sociaux ont du bon ! ) nous nous sommes recroisés à la suite d'une attaque en règle d'anciens camarades de collège.

Je suis allé voir une de ses expositions et elle est venue prendre mes cours.

Quand elle a su que je me lançais dans une nouvelle aventure chorégraphique, elle m'a demandé si ça ne me dérangeait pas si elle pouvait tenter quelque chose autour de l'image et du mouvement.

J'ai tout de suite accepté, curieux que j'étais de voir ce que ça donnerait de me voir au travail à travers un autre oeil.


Les trois années passées à travailler essentiellement seul m'ont donné je crois une envie de partager beaucoup plus qu'avant mes aventures avec les autres.
En dehors de Sylvain Roume pour le travail de l'image, j'ai traversé ces années avec ma seule caméra pour collaboratrice.
Ce projet que je co écris musicalement avec deux autres vrais compositeurs (je veux dire des vrais ... pas comme moi) sera l'occasion de me confronter à des univers artistiques différents.
Peut-être en demanderai-je plus aux interprètes ?
On verra bien.

Valérie est donc arrivée vers 15h et comme Marie, je suis venu l'accueillir en bas.

Nous faisons une brève visite des lieux (qui sont quand même extraordinaires) et nous parlons d'abord beaucoup avant de commencer.

Elle me pose beaucoup de questions sur le danseur qu'il y a en moi, mais aussi le créateur, comment tout cela interagit.
On parle des sens en actions, de la notion de plaisir, des désaccords que je peux avoir entre moi danseur, moi créateur et moi musicien.
C'est un vrai échange entre artistes qui s'instaure.


Sa présence le premier jour fut assez intéressante du point de vue de l'interprète.
Plutôt que de me perturber, elle m'a poussé dans ma concentration.
Les filages sont plus "propres", plus précis mais je vis moins les choses.
Comme si je m'impliquais moins de peur de me tromper.
Il y a sûrement là dedans aussi quelque chose à puiser.
Le résultat final devra être de l'ordre de cette précision là mais avec plus d'implication émotionnelle.


Le deuxième jour, elle arrive avant moi et se perd dans le bâtiment.
C'est vrai que ce cube de verre avec ses arêtes de béton, ses murs noirs et son mobilier acier sont un paradis pour les photographes.
Elle participe à mes rituels matinaux (blog, machine à café, etc..) et fait même l'échauffement avec moi.
Dans l'après midi, j'arrive à oublier sa présence.
Les erreurs reviennent, je râle et je peste en oubliant qu'elle est là.
Avant de partir, elle me montre ce qu'elle a fait.
Il a des images de travail qui en disent long.
Ca me plaît.

Je parle d'elle à Trets, là où je vais ma première présentation de travaux en cours au mois de juin.
On envisage une expo photo avec un autre happening dansé.
J'aime le projet.


Peu de temps après ces deux jours d'échange, elle m'a envoyé un joli message :


"je me rends compte que je ne t'ai pas dit merci pfff ... n'importe quoi . Un grand MERCI pour m'avoir ouvert les portes des "coulisses" et pour m'avoir accueillie dans l'intimité de ton travail. Je sais que c'est très précieux . À très bientôt"

Valérie reviendra à KLAP, continuer son travail,
parallèlement au mien.
Et j'aime aussi ça.

1 commentaire:

  1. Comme je suis touchée ! Stupéfaite même. Stupéfaite je crois que tu me donnes cette place, que tu accueilles ainsi mon travail. J’ai le sentiment d’avoir été extrêmement intrusive et pourtant je me suis un peu retenue, un éléphant dans un magasin de porcelaine, maladroite et gauche. C’est un exercice tellement nouveau de rencontrer l’humain et je suis si peu familière de cette confrontation-là qui bien qu’inconfortable est un face à face forcément attirant. Je cherche quelque chose que je n’ai pas trouvée, prenons le temps pour que tu m’oublies totalement et que je te reçoive totalement, et aussi pour que tu me donnes consciemment et pour que je trouve l’écriture pour te transcrire. Deux êtres humains en liaison, dans un espace défini, mais sans recours aux masques et protocoles sociaux, toi tu connais déjà ça avec le rapport aux danseurs, moi, d’habitude, j’essaie toujours de le fuir.

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