Dix jours que je comptais bien mettre à profit malgré mes douleurs aux dos de plus en plus présentes, les stages de week-ends qui m'emmenaient chaque fois à des centaines de kilomètres toujours plus au nord dans le froid et aussi .. le changement d'atmosphère dans les murs ..
Il y a le ballet qui revient chez lui,
le chorégraphe en chef qui est dans les murs,
le lancement de la préparation de la nouvelle création et le reste de toutes les activités,
les plannings changent tout le temps
(on n'a plus de salle ..
si ! on l'a mais pas la même ..
non .. si mais à un autre horaire ..)
Et puis il y a eu aussi, tout en bas, dans la salle de spectacle,
la compagnie Grenade dirigée par Josette Baïz.
Ils ont présenté leur nouvelle création en fin de semaine (les veinards ..)
Le premier lundi après avoir travaillé avec Magali, je suis allé voir la répétition publique.
C'est toujours étonnant de voir une compagnie dans laquelle on a travaillé.
Certaines choses ne changent pas.
Ici, c'est à la fois des choses agréables comme la construction des danses, la virtuosité des danseurs, des choses que je ne saurai jamais faire ou que je ne ferai jamais comme ça,
et des choses moins drôles comme les légendaires réflexions de la "patronne", que j'ai l'impression d'avoir mille fois entendues ou un certain rapport hommes/femmes dans ses danses que je n'envisage jamais comme ça non plus.
Je suis reparti de tout ça avec le retour dans ma tête des doutes sur ce que je fais et la tristesse du peu de moyens que j'ai.
La qualité de la vidéo de ce spectacle est quelque chose que j'aimerais pouvoir offrir à Sylvain Roume pour travailler un jour ..
Les danseurs sont bondissants, véloces ..
C'est beau à voir, si loin de ce que je fais cependant ..
Est-ce que je dois me forcer à accélérer ?
Est-ce que la simplicité de ce que je fais vient du fait que mon corps est cassé et que je vieillis ?
Je tente de m'accrocher à ce que j'ai vécu à Taiwan, à ce qu'avait dit Margaret Shiu, la directrice du Bamboo Curtain Studio où j'étais en résidence : "tu n'es pas un français comme les autres .. ils font toujours des pffiou pffiou si rapides" et chez elle, cela semblait être un compliment.
Il y a aussi, ce que me disent les stagiaires que j'ai croisés en Lituanie, en Belgique, en France.
Il y a aussi la difficulté qu'ont les danseurs de la compagnie Grenade à faire réellement ce que je demande quand je leur donne des cours.
J'ai tenté de me convaincre que j'ai une place dans ce monde de la danse même si ici, souvent, je me sens exclu ou si peu considéré et puis ..
Et puis j'ai commencé cette pièce donc je le finis et puis aussi je sais que d'ici un jour ou deux j'aurai oublié tout ça du moins j'aurai relativisé)
Dans ces derniers temps, les choses se mettent en place.
Le duo se construit.
Nous avançons doucement.
Il y a l'entrée de Marie qui emboîte mon pas quand je reprends les premiers déplacements du solo de Sisyphe,
il y a l'apprivoisement, une période où on danse presque la même chose mais pas au même moment, pas vraiment dans les mêmes mouvements, puis Marie qui annonce la phrase commune pendant que je rappelle celle de l'errement du solo, jusque ce que le duo s'engage dans ce que j'avais appris à Dancecology à Taipei (cf. Taipei Jour 12) et continue sur une danse commune.
Comme on n'a pas un des grands studios du haut, on ne peut pas tout filmer, mais je réussis quand même à faire un petit montage de "l'apprivoisement" dans le studio Bagouet.
Pendant ces dernières semaines, je rencontre Magali, Sophie et Élise, d'abord séparément, pour leur transmettre ce que j'avais créé à KLAP il y a six mois .
Puis, le dernier jour, on se voit tous les quatre.
Et du trio virtuel ...
Il faudra que je vous parle de ces trois filles plus en détail.
Dans les prochains articles ...
Et pendant ce temps là,
Ils le danseront dix fois .. jusqu'au 25 décembre.
J'aurais bien aimé, au moins une fois, partager cette aventure avec eux ...



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