En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mardi 4 décembre 2012

Les filles des cinq garçons (2) entre la terre et l'eau …


On avance vite ...
Quatre petits jours et puis ...
Une vidéo souvenir ...



Après ma journée au Pavillon Noir, je retrouve donc mes nouvelles interprètes du centre Del Rio.
Comme c'est une semaine de vacances scolaires, nous avons dû jongler entre les emplois du temps de tous (le centre, les filles, mes répétitions, ..) et de tout ça est sorti une possibilité de travail sur quatre jours.
Trois soirs (lundi, mardi, mercredi) et un matin (samedi).
Ce mardi là donc, j'avais annulé mon cours pour être avec elles.

Le travail avance bien.
Elles connaissent déjà la barre globalement et on se remet vite à travailler la danse au sol sur 7 temps qui n'est pas encore "regardable" :
il y a toute une série de dérapages dus au manque de concentration, à la difficulté de compter sur cette musique où les repères musicaux ne sont pas si nombreux, à des énergies contrariées (certaines filles sont naturellement plus vives que moi, d'autres plus lentes), à l'envie de mouvement sans arrêt (il faut attendre deux temps .. DEUX ! ..)
Malgré tout, elles n'abandonnent pas, posent les bonnes questions et avancent comme elles peuvent avec ce qu'elles sont.
Pas de quoi rougir face aux soldats du vent ...

Je leur fais la même proposition qu'aux garçons : la création d'une phrase perso qui passerait par des formes précises et prédéterminées.
C'est ce qui avait abouti au duo de Quang Io et Yu Hsuan, les plus jeunes taïwanais, c'est ce duo qu'ils dansent au début de la pièce.



Ici, les propositions sont différentes.
Il y a par exemple, celle de Jade, très proche de mon univers.



Mais il y a toutes les autres ...
Et tout ce qu'elles me proposent est intéressant.
Du coup, je garde tout.
Il y a une séquence où tous ces solos sont simultanés,
une où les filles "s'attendent" dans les formes prédéterminées (un peu comme dans l'impro faite avec Dancecologie - cf.Bamboo Curtain Studio -jour 12)



Un groupe danse la proposition de Kenza (à son grand étonnement !) en opposition à celle de Laetitia qui danse sa version seule.



Jade aussi danse seule, avec un groupe que j'ai lancé dans un travail rythmique pas si simple et Zoé seule aussi à l'autre bout de la diagonale.

Il me manque juste une phrase "debout".
Je leur apprends le mercredi.
Ce jour là, leurs profs ont pris le cours.
Du coup, on a fait un cours complet et en guise d'enchaînement, je leur ai transmis la phrase de déplacements à la base de choses à développer dans la pièce.
Elles ont beaucoup plus de mal qu'au sol, il faudra plus de temps pour obtenir ce que je veux.
Pour la première présentation publique, on ne travaillera que cette courte phrase, je développerai plus tard ...

Nous finissons la répétition avec six bonnes minutes de danse sale, à nettoyer samedi, dernier jour de travail.

D'ici là, il faut que je compose une nouvelle musique.
Celle dont je me suis servi est celle du quatuor dans "notre Sisyphe", impossible de m'en servir si les filles font la première partie du spectacle de la compagnie...

Garder le 7 temps, la tonalité, qui a l'air de leur plaire
mais partir sur autre chose.
Pas si simple.

Il y a donc ce dernier samedi ..
Et de là, séparation.
Dix jours jusqu'à la présentation publique.
Dix jours où ne se verra pas (j'ai proposé de les faire venir au Pavillon Noir, le mercredi juste avant la présentation mais toutes les filles n'étaient pas disponibles)

Comme avec les garçons, je suis tellement frustré de les lâcher comme ça ..
Mais je les sens responsables.
Je sais qu'Élise va les faire répéter.
Je ne suis pas trop inquiet.
Et puis, avec elles au moins, j'assisterai à la première, le vendredi 23 novembre ...

Je ferai un article sur ce qui s'est passé ce jour là.

Mais je me suis fait un petit plaisir :
celui de les inviter au Pavillon Noir quand même,
après la présentation,
pour faire une vidéo ..
Manque de pot, ce jour là, il a fait gris : dommage dans ce lieu où la lumière du soleil rend les choses magiques mais on tourne quand même quelque chose.
Une trace de nos quatre jours de travail.

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