En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


mardi 5 février 2013

Le duo est bouclé .. mais Eric s'en va


Bruce
Le studio Farber
Maladies hivernales (suite)


En retournant au Pavillon Noir, j'ai la bonne surprise de voir que l'on travaille tout en haut, dans le studio Farber, avec sa belle lumière du soleil d'hiver.
Merci Nathalie ..




Je m'installe donc en haut à gauche, dans la partie ouest de la grande salle qui est coupée en deux.
De l'autre côté, dans le studio Waehner, il y a la classe qui est donnée aux danseurs de la compagnie qui sont encore dans le coin (le gros des troupes est en Inde).
Il me semble reconnaître la voix du prof.
En allant fermer la porte de communication entre les studios, je jette un oeil.
C'est Bruce Michelson !
Un bonhomme au cv plus qu'impressionnant que j'avais croisé en Lituanie où il donnait les cours de classique du matin.
Ca fait tout drôle de le voir ici.
À Vilnius, je testais déjà "notre Sisyphe" et Bruce a vu, à la démonstration de fin de stage, des choses que je vais probablement travailler ici.
Connexions.

Au programme du jour, le duo.
Ce matin, je travaille seul.
Marie arrive plus tard.

Je révise d'abord le duo en l'état, avec toutes ses difficultés liées notamment à cette phrase du départ, la phrase "d'apprivoisement" où j'ai mis en boucle en ne faisant varier que de toutes petites choses (le décalage entre Marie et moi, l'utilisation des bras, la position dans l'espace).
Puis je travaille sur la fin.
À partir du sol où on s'était arrêté la dernière fois, j'imagine un court épisode tendre et j'enchaîne avec des éléments que l'on retrouvera dans la suite de la pièce.




Pour les derniers moments, il faut que je retourne .. à mon point de départ.
Oui mais comment ?
Je décide de reprendre, comme un refrain que l'on chanterait une dernière fois, la première phrase que l'on danse ensemble (celle là même que j'avais testé avec Dancecology à Taipei) mais contrairement à la première fois, je la travaille dans l'idée de la séparation.

À la pause, je vais un peu discuter avec Bruce.
Il est là pour quinze jours.
On parle du Pavillon Noir, de Marseille Provence 2013, des danseurs de la compagnie de Preljocaj.
Il aimerait bien voir une répétition de ce que je fais?
Peut-être la semaine prochaine, je ne me souviens plus de mon planning.




Quand Marie arrive, on révise tout ce qu'on a monté et je lui transmets ce que j'ai créé le matin.

On tente le tout.

Elle sort d'un gros rhume .
Avec le bronchiteux que je suis encore, nous formons un drôle de tandem.
On a du mal à tenir la répétition :
des tonnes de kleenex,
entre chaque séquence de travail on fait des pauses pour retrouver notre souffle.
Malgré tout, on tente une captation de la première mouture du duo monté.





Pendant la répétition, mon téléphone a sonné.
C'était Eric.
Eric Berthet avec qui je travaillais depuis un peu moins de dix ans.
Il a créé les lumières de toutes les dernières pièces :
"Correspondances", "En correspondance(S)", "Ma collection particulière", "Apporter sa part de soleil" ...
Il m'a laissé un message ...
Qu'il aurait aimé me dire de vive voix 
Il n'aura plus le temps de travailler avec nous.


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