Merci Nathalie ..
Je m'installe donc en haut à gauche, dans la partie ouest de la grande salle qui est coupée en deux.
De l'autre côté, dans le studio Waehner, il y a la classe qui est donnée aux danseurs de la compagnie qui sont encore dans le coin (le gros des troupes est en Inde).
Il me semble reconnaître la voix du prof.
En allant fermer la porte de communication entre les studios, je jette un oeil.
C'est Bruce Michelson !
Un bonhomme au cv plus qu'impressionnant que j'avais croisé en Lituanie où il donnait les cours de classique du matin.
Ca fait tout drôle de le voir ici.
À Vilnius, je testais déjà "notre Sisyphe" et Bruce a vu, à la démonstration de fin de stage, des choses que je vais probablement travailler ici.
Connexions.
Au programme du jour, le duo.
Ce matin, je travaille seul.
Marie arrive plus tard.
Je révise d'abord le duo en l'état, avec toutes ses difficultés liées notamment à cette phrase du départ, la phrase "d'apprivoisement" où j'ai mis en boucle en ne faisant varier que de toutes petites choses (le décalage entre Marie et moi, l'utilisation des bras, la position dans l'espace).
Puis je travaille sur la fin.
À partir du sol où on s'était arrêté la dernière fois, j'imagine un court épisode tendre et j'enchaîne avec des éléments que l'on retrouvera dans la suite de la pièce.
Oui mais comment ?
Je décide de reprendre, comme un refrain que l'on chanterait une dernière fois, la première phrase que l'on danse ensemble (celle là même que j'avais testé avec Dancecology à Taipei) mais contrairement à la première fois, je la travaille dans l'idée de la séparation.
À la pause, je vais un peu discuter avec Bruce.
Il est là pour quinze jours.
On parle du Pavillon Noir, de Marseille Provence 2013, des danseurs de la compagnie de Preljocaj.
Il aimerait bien voir une répétition de ce que je fais?
Peut-être la semaine prochaine, je ne me souviens plus de mon planning.
On tente le tout.
Elle sort d'un gros rhume .
Avec le bronchiteux que je suis encore, nous formons un drôle de tandem.
On a du mal à tenir la répétition :
des tonnes de kleenex,
entre chaque séquence de travail on fait des pauses pour retrouver notre souffle.
Malgré tout, on tente une captation de la première mouture du duo monté.
C'était Eric.
Eric Berthet avec qui je travaillais depuis un peu moins de dix ans.
Il a créé les lumières de toutes les dernières pièces :
"Correspondances", "En correspondance(S)", "Ma collection particulière", "Apporter sa part de soleil" ...
Il m'a laissé un message ...
Qu'il aurait aimé me dire de vive voix
Il n'aura plus le temps de travailler avec nous.




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