En 2011,

Je suis sélectionné au Young International Choreographer Project,

événement créé par la World Dance Alliance-Asian Pacific

sous l’égide de l’UNESCO.
Avec sept autres chorégraphes originaires des quatre coins du globe,

je crée une pièce en trois semaines pour des danseurs taïwanais.

La découverte de cette île, volcanique,régulièrement secouée par des tremblements de terre et balayée par des typhons et par certains aspects en éternelle reconstruction, me rappelle le mythe de Sisyphe.


La mythologie chinoise a aussi son Sisyphe : Wu Gang.

Une sorte de cousin germain asiatique qui lui fut condamné à couper un arbre

qui repousse éternellement.


Il m'est venu en tête, l'idée d'un projet itératif,

une chorégraphie dansée trois fois sur trois musiques différentes.



http://c2a.7eme.trimestre.free.fr/sisyphe.html


lundi 20 mai 2013

de retour de Pôle Pik - bilan d'une résidence


Cap sur le sud
L'utilité d'une résidence
Les premières vidéos



Contact.
Nous passons les dos d'âne du parking de Pôle Pik pour la dernière fois.
Rejoindre le périph', puis l'autoroute.
Nous voilà en route vers le sud.
Le ciel est blanc.

Elise s'en dort un peu,
comme à l'aller, l'angoisse en moins, je réfléchis.

À quoi nous a servi cette semaine ?
À tant de choses.

Déjà du point de vue de l'humain, cela nous a permis de nous connaître mieux.
Fred et Sophie viennent de rejoindre la compagnie.
Tout le monde ne se connaissait pas.
Rester une semaine ensemble nous a permis de nous rencontrer vraiment.
Les peurs et les complexes de chacun ont fait surface.
Maintenant, nous les connaissons tous.
Plus ou moins.
J'appréhende mieux qu'avant les fonctionnements, les rythmes d'apprentissage de tout le monde et les capacités d'écoute.

De rester ensemble, mais vraiment, sans rentrer chez soi ou travailler ailleurs sur d'autres projets, nous permet de nous focaliser sur la pièce et rien d'autre, tous ensemble, au même moment.
Cela permet de garder le cap plus facilement :
en découpant les séquences de travail, on est souvent plus précis et on développe plus de pistes mais parfois on s'éloigne du sens,
du fond.
Par exemple, je me suis rendu compte que, plongé dans mon travail d'écriture et de qualité de mouvement, j'en ai perdu Wu Gang.
Je l'ai réintroduit dans la traversée du quatuor.
Cette traversée toute en lenteur sur une musique conçue à Taïwan convient particulièrement.
Le fait d'avoir tout le monde en studio au même moment nous a permis d'organiser l'espace plus précisément et aussi de travailler les idées tout de suite (souvent j'avais les idées quand j'étais seul, et même en les notant, elles étaient parfois "détériorées" par d'autres pensées, par l'oubli)
Cela a été le cas du duo d'Élise et Sophie en contrepoint du solo de Magali.
(cf. hier)

De plus, quand on travaille dans un studio équipé en lumières comme celui que nous avons eu la chance d'occuper à Pôle Pik, avec un créateur de talent comme Fred, les propositions fusent et aiguisent le propos :
l'idée d'enfermement du solo par exemple,
avec ce large couloir et la chorégraphie qui s'en éloigne pour replonger dans cet enfermement va orienter l'interprétation et préciser les états de corps, dedans et dehors.




Je dois travailler sur la limite.
Un peu comme ce que j'ai fait dans le duo Elise Sophie .
Il y a aussi ce cercle d'où je pars et où je retourne à chaque fois pour refaire le même mouvement, c'est à cet endroit que Marie se couche au début du
duo.




Il y a aussi cette superbe atmosphère qui naît dans le trio 
et qui s'épanouit dans le quatuor



Pour Sylvain, cela a été une grande découverte aussi.
Jusque là, il est arrivé en fin de course, dans les derniers jours avant le spectacle.
On travaillait à deux, séparément de la danse.
Il a vu comment je fonctionnais en temps que chorégraphe
et connaît mieux toute l'équipe.
Les idées par rapport aux images à l'écran sont venues bien plus rapidement.
Le propos est plus clair pour lui, le rythme de la pièce aussi.

Et puis il y a eu la rencontre avec le public, toutes les questions, les remarques :
- le rapport à la lenteur
- la limpidité du propos
- la cohésion du duo 

(même si pour nous de l'intérieur, il y a encore tellement de boulot)
- l'interprétation ("vos visages sont fermés ... c'est normal ?)
Cela nous conforte et nous donne des caps à garder, des choses à corriger, des pistes pour la suite.



Je sens le sommeil me gagner.
On fait une pause sur une aire d'autoroute,
le temps d'un café.

Cap sur le sud.

Je laisse Élise à la gare d'Avignon.
En attendant son train, elle m'écrit un message.
"c'est bon de t'avoir rencontré,
de te connaître (un peu) .."

Il est juste au dessus de celui de Sophie d'hier.
"Je bois un verre à votre santé.
Super heureuse d'avoir partagé ce moment avec vous.
En plus d'un travail passionnant,
il y a ce truc spécial de se sentir dans une famille.
Grand coeur sensible touché ..."

J'ai de la chance de faire un boulot que j'aime et d'être entourés de ces gens-là.
Même si ça n'est pas facile tout le temps,
même si la reconnaissance ne vient pas forcément comme j'aimerais,
nous gardons le cap,
en espérant, si tout va bien, montrer tout ça à la rentrée à Marseille,
et peut-être même ailleurs.

Nous avons de belles traces de cette résidence :
le solo



et le duo


il reste la suite à monter, c'est long et plus difficile mais je vous promets de partager ça avec vous au plus vite.

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