Des retrouvailles
Un beau spectacle
Petite pause au jardin des Hakkas
C'est donc assez contrarié que je pars prendre le métro, direction "l'ecole cafe" où je vais voir "Anxiety, my dear" un duo interprété par Yen Ko-Yin et I-Han Huang.
J'ai mon lecteur MP3 (plein de fichiers AIF ! moins compressés) et je me dirige vers le métro.
Françoise Hardy et Alain Bashung chantent "que restent-ils de nos amours"
J'écoute le reste de cet album de duo "Parenthèses"
Arrivé vers la gare, je me rends compte que j'ai oublié mon imperméable.
Tant pis.
Et puis de toute manière, il ne semblait pas qu'il allait pleuvoir.
Quatre stations plus tard, "Taiwan Power Building", je me dirige vers la sortie 3 comme Ko-Yin me l'avait indiqué, je me retrouve devant un mur d'eau.
Ici, les sorties de métro sont toujours couvertes.
J'attends un moment.
Je me souviens de Zaimon, l'an dernier qu'un monsieur avait gentiment abrité pour qu'il traverse.
C'était à Kaohsiung.
Ici, les gens passent, ouvrent leur parapluie et tracent leur route.
Je me rends compte que sur mon plan, la bonne sortie est de l'autre côté de la rue, et là bas, il y a des boutiques.
Vu le sens pratique des gens ici, ce serait un comble que je ne trouve pas un parapluie.
Je redescends dans la station de métro pour sortir de l'autre côté, et à cinq mètres, des parapluies sur la devanture.
J'en achète un.
Je peux repartir vers le théâtre.
Suivre la route, prendre à droite et 3° à gauche.
Au bout de la rue, un café …
C'est "l'ecole cafe".
Sur la terrasse, je reconnais la mère de Ko Yin, elle était venue avec elle à Tsoying.
Je lui dis bonjour.
Le jeune homme à l'accueil me dit de patienter et me propose de m'asseoir.
Alors que j'écris des notes pour le blog, Po Kai apparaît.
C'était celui qui commençait seul la pièce de l'an dernier.
(cf. c2a à taiwan . jour-19)
Il me tape dans la main.
Il a muri et a l'air encore plus épanoui.
Ca me fait plaisir de le voir.
Il était juste sorti passer un coup de fil, on parlera après.
Un quart d'heure plus tard, on nous invite à entrer.
La salle est en sous sol.
Elle est toute petite,
5m sur 7 avec un poteau dans le dernier tiers de sa profondeur.
Une vingtaine de places.
Des tabourets, des chaises, des canapés.
Ko Yin se concentre dans un recoin.
Le spectacle est beau.
C'est un duo virtuel.
Seul Ko Yin est sur scène, I Han est à l'écran.
Une sorte de double, de correspondante, chacun y met ce qu'il y veut.
Po Kai est à la technique
Je suis bien content d'avoir vu Ko Yin danser autre chose que ma production.
Je lui dis tout le bien que je pense du spectacle, on prend une photo souvenir et je les laisse savourer leur joie.
Les Hakkas sont un peuple du Sud de la Chine dont une partie a migré sur l'île.
Leur langue fait partie des quatre langues qu'on entend dans le métro quand les stations sont annoncées (il y a aussi l'anglais et le taïwanais)
Dans le parc, toute une série de statues relatant leur culture ancestrale.
Ca me fait penser à Meinong (cf.Meinong)
Je m'installe sur un banc et mange des buns achetés en route (à une serveuse aussi sympa que les barmans parisiens … on est vraiment dans une capitale).
Le soleil est de retour.
Je prends une dernière photo et je repars vers le métro.
Son nom : le roi du canard.
C'était du canard que j'avais mangé l'autre jour.
J'ai une mélodie dans la tête qu'il faut que je mette tout de suite dans l'ordinateur.
L'idée qu'il faille chercher à nouveau un endroit où je puisse comprendre ou me faire comprendre pour manger, me fatigue.
Et puis les buns m'ont calé.
On verra demain.





Un road book subtil et étonnamment dérangeant, renvoyant à soi-même dans un mélange de solitude déroutante et d’aisance solitaire. Road trip entêté à la recherche évasive de tout type de rencontres avec en point de mire la création artistique, fil rouge moteur pourtant étrangement relégué tout au long du récit au rang d’une norme acquise alors que tout le reste s’impose avec la force millénaire du voyage et le hasard de ses étapes imposées : lecteur apprivoisé pourtant irrémédiablement distant, on devient subrepticement attentif à ce que l’on négligeait tantôt, l’anecdote comme le détail inutile, à la fois parce qu’ils sont relatés sous la chape de l’atmosphère ambiante, transpirant spontanément d’odeurs, d’humidité, de contingences et d’horizons déviés, mais aussi parce que l’on saisit, sans vraiment de peine mais sans vraiment d’explication rationnelle non plus, leur soudaine importance, leur fausse subtilité, la somme d’émotions contradictoire qu’ils délivrent. Partout, en filigrane et mâtinée de cette même nostalgie doucereuse, cette nécessité adaptative : retour insidieux aux rythmes humanoïdes d’un temps biologique où les cycles naturels reprennent une place élémentaire, levers et couchers de soleil, apparition des pluies, circonspection culinaire, pulsions alimentaires, scrutation des lunes, pesées quotidiennes des besoins et des nécessités, tout est sondage, des humeurs comme de ces courages qui viennent à faire défaut. Suspendu à d’étranges pensées primitives, pourtant élaborées parce réconfortantes, on plane au dessus d’une épaule connue devant les halos défilants d’images soigneusement préservées sur le mur d’un écran aux diodes bleutées sur lequel défilent, noctambules, des silhouettes timidement séduisantes, des masses minérales dédaigneuses et des scènes étrangement inutiles. Pesant partout aux abords du récit, ces promiscuités impromptues, ces dialogues brinquebalants, ces curiosités bicéphales, autant de décomptes circonspects de différences aux stries parfois profondes, parfois entremêlées, ilôts de temps suspendus déracinés où des complicités aussi soudaines que fragiles se nouent et se dénouent au gré d’infimes distorsions, et l’éternité, lointaine et grise, continue de pousser les nuages vers des ailleurs connus.
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